
Le ministère de la Justice et des Droits humains poursuit sa campagne nationale de sensibilisation consacrée à la lutte contre la désinformation et au renforcement de la démocratie à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle, dans le cadre des activités marquant la Journée Internationale de la Démocratie (JID). Après une première étape au Collège Protestant de Lomé-Tokoin le 11 février, la délégation ministérielle a rencontré, ce jeudi 19 février les étudiants de l’ESAG-NDE, dans le cadre d’une séance d’échanges à forte portée citoyenne autour du thème « Lutte contre la désinformation et renforcement de la démocratie à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle au Togo : quel rôle pour les jeunes ? »
Représentant le ministre, M. Oubo M’Bo Ounouboteby, Directeur du renforcement démocratique, a rappelé l’importance de cette initiative dans un contexte marqué par la prolifération des fausses informations, le piratage de comptes institutionnels et la manipulation de contenus sur les réseaux sociaux.
« Les jeunes sont particulièrement exposés à ces risques. Il est essentiel de les outiller pour qu’ils utilisent les plateformes numériques et l’intelligence artificielle de manière responsable, au service des valeurs démocratiques », a-t-il souligné.


Un thème devenu incontournable à l’ère des mutations technologiques
Le choix du thème s’inscrit dans les enjeux contemporains de la Journée internationale de la démocratie, célébrée chaque 15 septembre. Cette journée vise à promouvoir les valeurs démocratiques, encourager l’engagement citoyen et sensibiliser aux défis posés par les innovations technologiques rapides, la désinformation et la fragilisation de l’espace civique.
Le gouvernement togolais, fidèle aux orientations du Président du Conseil, multiplie les actions destinées à renforcer la culture démocratique, en particulier auprès des jeunes, des femmes et de la société civile. Cette démarche s’inscrit dans une volonté affirmée de consolider l’État de droit et de préserver la cohésion nationale.


Désinformation, cyberharcèlement, piratage : des menaces bien réelles
Au cours de la séance, les étudiants ont été sensibilisés aux multiples formes de dérives numériques notamment la diffusion de fausses nouvelles, la manipulation de contenus, le cyberharcèlement, le piratage de comptes institutionnels et les atteintes à la vie privée.
Le Directeur du renforcement démocratique a rappelé le cadre juridique en vigueur, notamment les dispositions du Code pénal sanctionnant la diffusion de fausses informations de mauvaise foi troublant la paix publique. Ces infractions peuvent entraîner des peines d’emprisonnement et de lourdes amendes.
« La liberté d’expression demeure fondamentale, mais elle doit s’exercer dans le respect de la loi et de la vérité », a-t-il insisté.


La jeunesse, relais essentiel de la culture démocratique
Pour le ministère, la jeunesse constitue un maillon stratégique dans la consolidation démocratique.
« La démocratie se vit aussi dans nos familles et dans notre environnement immédiat. Les jeunes doivent relayer l’information, sensibiliser leurs proches et contribuer à une meilleure compréhension des enjeux numériques », a déclaré M. Ounouboteby.
Cette vision est partagée par M. Godévi Ekoé, Coordonnateur des parcours à l’ESAG-NDE, qui a salué l’initiative gouvernementale.
« Notre établissement accueille plus de quinze nationalités. Les jeunes y sont particulièrement exposés aux dérives du numérique. Cette sensibilisation est donc essentielle et complète les actions que nous avons déjà engagées, notamment notre leçon inaugurale consacrée à l’intelligence artificielle », a-t-il expliqué.
Il a également souligné les difficultés rencontrées par les établissements d’enseignement supérieur face aux dérives numériques : complots entre étudiants, atteintes à la vie privée, diffusion non autorisée d’informations personnelles.
« L’intervention du ministère vient légitimer et renforcer notre démarche. Elle donne un cadre clair et officiel à la sensibilisation que nous menons depuis la rentrée », a-t-il ajouté.
Numérique et intelligence artificielle : des outils au service de la démocratie
La rencontre a permis de rappeler que le numérique et l’IA, loin d’être uniquement des sources de risques, constituent aussi des leviers puissants de participation citoyenne.
Débats en ligne, consultations publiques, accès élargi à l’information, voire vote électronique dans certaines démocraties : les technologies ouvrent de nouvelles perspectives pour renforcer la transparence et l’inclusion.
Toutefois, leur utilisation exige une vigilance accrue, une éducation adaptée et un sens aigu de la responsabilité citoyenne. Prévention, sensibilisation et formation sont les clés pour maintenir l’équilibre entre liberté d’expression, responsabilité et démocratie.
« J’ai compris que le numérique n’est pas seulement un outil de divertissement, mais un espace citoyen où nos actions comptent. Je m’engage à utiliser les réseaux sociaux de manière plus constructive et à sensibiliser mes camarades sur les risques liés aux fausses nouvelles. Nous avons un rôle à jouer dans la protection de notre démocratie. », a confié par exemple Jacques Sehoé, première année en Transport logistique à l’issue de la journée.
« Cette sensibilisation m’a ouvert les yeux sur l’ampleur de la désinformation et sur notre responsabilité individuelle. Je me rends compte que chaque partage, chaque commentaire peut avoir des conséquences. Je prends désormais la résolution de vérifier systématiquement mes sources avant de relayer une information. », a renchéri pour sa part Kayissan Dossavi-Alipoeh, également de la même filière.
Un engagement gouvernemental réaffirmé
Le ministère de la Justice a réitéré son engagement à lutter contre la désinformation sous toutes ses formes, condition indispensable à la préservation de la paix, au renforcement de la démocratie et à la consolidation de la cohésion nationale.
Cette campagne de sensibilisation, appelée à se poursuivre dans d’autres établissements, vise à encourager une jeunesse consciente, lucide et responsable dans l’usage des outils numériques.
« Les plateformes numériques, bien utilisées, sont des outils précieux pour l’éducation, la participation citoyenne et l’avenir démocratique de notre pays », a conclu M. Ounouboteby. Fin
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