
L’édition d’avril 2026 du rapport État des lieux de l’économie africaine du Groupe de la Banque mondiale dresse un tableau contrasté de la conjoncture en Afrique subsaharienne : une croissance qui se maintient, mais une reprise qui s’essouffle sous l’effet de tensions géopolitiques, de vulnérabilités structurelles et d’un endettement toujours lourd.
Une croissance stable mais révisée à la baisse
La région devrait enregistrer une croissance de 4,1 % en 2026, un niveau identique à celui de 2025. Toutefois, les prévisions ont été revues à la baisse de 0,3 point, signe d’un ralentissement de la dynamique post‑crise.
Le rapport souligne que « la reprise de la région, amorcée après une succession de chocs mondiaux, s’essouffle ».
La demande intérieure reste le principal moteur, soutenue par la consommation privée, l’investissement et une politique monétaire plus accommodante. La dépréciation du dollar a également contribué à réduire les pressions inflationnistes.
Le conflit au Moyen‑Orient : un choc majeur pour l’énergie, l’alimentation et les finances
L’aggravation du conflit au Moyen‑Orient depuis février 2026 constitue un risque majeur pour la région. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont entraîné une flambée des prix du Brent, du gaz naturel liquéfié et des engrais, menaçant les saisons agricoles et aggravant l’insécurité alimentaire.
Le rapport note que ces tensions « pourraient faire grimper l’inflation – en particulier dans les pays importateurs de pétrole », poussant certaines banques centrales à resserrer leur politique monétaire.
Les investissements directs étrangers en provenance des pays du Golfe — plus de 100 milliards de dollars entre 2022 et 2023 — pourraient également ralentir, affectant des projets clés dans l’énergie, les infrastructures et la logistique.
Inflation : une désinflation freinée par les chocs externes
Après un recul notable en 2024‑2025 (inflation médiane passée de 4,4 % à 3,7 %), l’inflation devrait remonter à 4,8 % en 2026 avant de refluer en 2027‑2028.
La hausse des prix alimentaires et énergétiques, combinée à l’incertitude mondiale, pourrait inverser les progrès récents.
Finances publiques : des efforts d’assainissement, mais un poids de la dette toujours lourd
Les déficits primaires devraient se rapprocher de l’équilibre dès 2026, grâce à une meilleure maîtrise des dépenses.
Cependant, le service de la dette absorbe une part croissante des ressources publiques : dans 4 pays sur 5, les paiements d’intérêts dépassent les dépenses de santé ou d’éducation.
Les remboursements de dette extérieure atteindront 59,2 milliards de dollars en 2025, contre 37 milliards en 2024, avant de se stabiliser à un niveau élevé jusqu’en 2028.
Industrialisation : l’urgence d’une approche plus réaliste et fondée sur les écosystèmes
Le rapport consacre une large partie à la politique industrielle, soulignant que les ambitions africaines restent souvent en décalage avec les résultats.
Les auteurs pointent un « écart entre politique et résultats », dû à des capacités de mise en œuvre limitées, des instruments mal adaptés et des écosystèmes insuffisants (énergie, logistique, compétences, financement).
Les recommandations clés incluent d’investir d’abord dans les écosystèmes fondamentaux (infrastructures, énergie, compétences, normes), d’aligner les instruments sur les capacités réelles des pays, de cibler des secteurs cohérents avec l’avantage comparatif et de renforcer les mécanismes de gouvernance, avec des aides limitées dans le temps et liées à la performance.
Des exemples contrastés illustrent cette logique ; entre autres le parc industriel d’Hawassa en Éthiopie, succès grâce à des investissements préalables dans l’électricité et la formation, ou encore la zone franche de Calabar au Nigeria, freinée par l’absence d’infrastructures portuaires fonctionnelles.
Un appel à une transformation structurelle durable
Avec plus de 620 millions de nouveaux entrants sur le marché du travail d’ici 2050, la région doit accélérer la création d’emplois productifs.
Le rapport insiste sur la nécessité d’une politique industrielle « plus intelligente », capable de stimuler la productivité, d’attirer les investissements privés et de favoriser l’adoption des technologies émergentes. Fin
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