ASBI –XIII : quand la danse devient combat et espérance

Le 13ème All Star Battle International, organisé par la No Limit Crew Association, a offert ce jeudi 26 juin à l’Institut Français du Togo un spectacle grandeur nature qui a profondément marqué les festivaliers. Des artistes majeurs de la scène africaine contemporaine, en l’occurrence Stella Gladys Yomba du Congo et la compagnie Xwenusu Fondament’art du Bénin, ont livré des performances où la danse se fait langage, combat et transcendance.

Stella Gladys Yomba : un solo intime et universel

De son vrai nom Yamba Mackeye, Stella Gladys est danseuse, chorégraphe et interprète, congolaise originaire de Brazzaville et résidente au Maroc. Elle a présenté un solo de 38 minutes intitulé « Je ne suis pas seule dans ma tête, autres oui, les autres ».

Cette pièce autobiographique retrace son parcours semé d’embûches, entre les résistances familiales et les doutes personnels liés au choix d’être artiste. Elle y évoque les combats inhérents à la vie d’une danseuse et délivre un message d’espoir : défendre son art envers et contre tout.

La scénographie, minimaliste mais puissante, s’appuie sur des symboles forts : une table où se déposent les problèmes et les interrogations, des papiers blancs représentant les projets avortés ou réalisés, et une scène de boxe qui incarne le combat quotidien. Chaque geste traduit la persévérance et la volonté de transformer les obstacles en force créatrice.

Stella Gladys n’en est pas à son premier moment fort. Elle a dansé en Europe, en Asie et en Afrique, et récemment participé à l’ouverture et à la clôture du festival de Cannes au Maroc, représentant l’Afrique sur la scène internationale. Son solo au Togo s’inscrit dans cette continuité : une danse habitée, où l’amour de l’art devient moteur de résilience.

Xwenusu Fondament’art avec Florent Anguibo, la spiritualité en mouvement

Artiste, danseur, interprète et percussionniste béninois, membre de la compagnie Xwenusu Fondament’art, Florent Anguibo a présenté Fâ-do. Le titre, issu du mot fâ (oracle) et do (socle), exprime à la fois la base et la dimension spirituelle.

Sur scène, six interprètes – quatre danseurs et deux percussionnistes – ont donné corps à une œuvre qui explore la spiritualité et les difficultés rencontrées par les artistes. Le tabouret circulaire, élément central de la scénographie, symbolise l’univers : sa base représente le socle, tandis que le cercle supérieur figure une spirale dont il est difficile de s’extraire.

A travers un mélange de danse traditionnelle, de percussions ancestrales et d’influences hip-hop, Fâ-do met en lumière la réalité des danseurs : un combat permanent pour exister, entre préjugés sociaux et contraintes matérielles. Florent Anguibo rappelle que la danse, souvent associée à la marginalité, est pourtant un chemin de persévérance et de dignité.

Un festival sous le signe de l’authenticité

Pour Alexandre Iséli, directeur de festival venu d’Europe, ces performances illustrent parfaitement la quête d’honnêteté artistique qui guide la programmation.

Plus qu’un simple divertissement, elles offrent aux spectateurs une plongée dans des univers intimes et collectifs, où la danse devient miroir des luttes et des espoirs humains.

All Star Battle International confirme ainsi son rôle de plateforme incontournable pour la danse contemporaine africaine et internationale, en donnant voix et corps à des artistes qui transforment leurs combats en œuvres universelles. Fin

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