Une Togolaise au sommet des Palmes académiques africaines

Il est des reconnaissances qui ne se contentent pas de récompenser un parcours : elles en éclairent la portée. C’est le cas de celle conférée, ce vendredi 31 juillet à Djibloho, en Guinée équatoriale, au Professeur Prénam Houzou-Mouzou, présidente de l’Université de Kara, élevée au grade d’Officier de l’Ordre International des Palmes Académiques du CAMES et admise, dans la foulée, au sein du Conseil de cet ordre.

La cérémonie s’est tenue en marge de la 48ᵉ session des Comités consultatifs interafricains et du Comité consultatif général du CAMES — grand-messe annuelle où se retrouvent, le temps de quelques jours, les artisans de l’enseignement supérieur africain francophone : experts évaluateurs, enseignants-chercheurs, dirigeants d’universités venus de tout l’espace CAMES. C’est dans ce cénacle exigeant, où se joue depuis plus de deux décennies la reconnaissance des mérites académiques du continent, que la présidente togolaise a reçu cette distinction.

L’Ordre international des Palmes académiques du CAMES a été institué par un accord signé à Abidjan en 2002, afin de témoigner la reconnaissance de l’institution aux personnalités qui ont contribué à son essor et, plus largement, au développement de systèmes éducatifs de qualité sur le continent. Il ne s’agit donc pas d’un hommage protocolaire isolé, mais de l’inscription d’un nom dans une généalogie de bâtisseurs de l’enseignement supérieur africain — un cercle où siègent déjà plusieurs chefs d’État, ministres et hautes personnalités du continent, distingués au fil des années pour leur contribution au rayonnement de l’institution. L’Ordre distingue trois grades, dans l’ordre croissant Chevalier, Officier, Commandeur, avant deux dignités supérieures, Grand Officier et Grand-Croix — une architecture protocolaire qui rappelle que l’élévation au rang d’Officier n’a rien d’un premier échelon : elle suppose déjà un parcours éprouvé.

Ce qui frappe, dans cette distinction, c’est la double reconnaissance qu’elle emporte : celle d’une carrière académique, mais aussi celle d’un exercice du pouvoir universitaire. Car c’est bien à la présidente de l’Université de Kara que l’on rend hommage — à la manière dont, sous sa gouvernance, l’établissement a engagé des réformes destinées à consolider la qualité de la formation et à affermir sa place dans le paysage scientifique régional. L’admission au Conseil de l’Ordre, plus encore que le grade lui-même, traduit une confiance particulière : celle des pairs, qui associent désormais la présidente togolaise aux délibérations stratégiques sur l’avenir de l’enseignement supérieur dans l’espace CAMES.

Il y a, dans cet épisode de Djibloho, quelque chose qui dépasse la personne distinguée. À travers elle, c’est l’Université de Kara — établissement plus jeune que ses aînées de Lomé, mais dont l’ambition scientifique s’est affirmée au fil des dernières années — qui voit son nom associé à l’excellence académique continentale. C’est aussi, plus largement, la place que le Togo occupe désormais dans les cénacles où se pense l’avenir universitaire africain : celle d’un acteur dont les figures dirigeantes sont appelées, non plus seulement à recevoir les orientations continentales, mais à en être les coauteurs.

Reste, pour l’observateur, une question qui dépasse le strict cadre honorifique : que fera l’intéressée de ce siège nouvellement acquis au Conseil de l’Ordre ? Le mérite, une fois salué, appelle presque toujours un prolongement — et c’est sans doute à l’aune des réformes à venir à l’Université de Kara, et de l’influence togolaise dans les futures décisions du CAMES, que cette distinction prendra, dans les mois qui viennent, toute sa signification. Fin

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