
La célébration de la Journée mondiale de l’habitat a pris cette année une résonance particulière à l’UNIPOD de l’Université de Lomé. Organisée autour du thème de la professionnalisation du secteur immobilier et de l’amélioration du cadre de vie des populations, la commémoration a réuni ce lundi 5 octobre autorités publiques, professionnels de l’immobilier, universitaires et étudiants, dans un dialogue constructif sur l’avenir du secteur au Togo.
La cérémonie s’est déroulée en présence de M. FARAH Eli, directeur de l’Urbanisme, représentant le ministre en charge du secteur, ainsi que de plusieurs acteurs de la chaîne de valeur immobilière, notamment des représentants de l’Office Togolais des Recettes (OTR), de l’Ordre national des architectes du Togo, des études notariales et du monde universitaire.
Moment fort de cette célébration mondiale instaurée par les Nations Unies pour rappeler le droit de chacun à un logement décent et à un cadre de vie sain, un panel d’échanges a permis aux participants de débattre des défis de l’urbanisation, de la sécurisation foncière, de la qualité de l’habitat et du rôle accru que doivent jouer les professionnels de l’immobilier dans le développement des villes togolaises.
Un secteur stratégique encore en quête d’encadrement
Au cœur des discussions, l’Association Togolaise des Agents Immobiliers (ATAI) a lancé un appel pressant aux pouvoirs publics pour l’adoption d’un cadre juridique formel régissant l’exercice du métier d’agent immobilier au Togo.
Pour les responsables de la profession, l’absence d’un statut clairement défini favorise encore la confusion des rôles, les pratiques irrégulières et les litiges qui affectent la confiance des citoyens dans les transactions immobilières.
Dans son intervention, le fondateur de l’ONG Nouvelle Formation Professionnelle (NFP) a dressé un constat sans équivoque : malgré son importance économique et sociale, le secteur immobilier reste largement exercé sans reconnaissance professionnelle véritable, ni normes suffisamment structurées. « Une profession qui engage la propriété, les transactions et la confiance des citoyens mérite un cadre précis : conditions d’accès, droits, obligations, contrôle et déontologie », a-t-il plaidé.
Selon lui, cette réforme constituerait une double garantie : une protection renforcée pour les consommateurs et une meilleure valorisation des professionnels sérieux et qualifiés.
La formation comme levier de transformation
Les participants ont également souligné qu’un secteur immobilier performant ne peut se construire sans une formation adaptée de ses acteurs.
« On ne s’improvise pas professionnel de l’immobilier », a rappelé le fondateur de la NFP, insistant sur la nécessité de maîtriser le droit foncier, la fiscalité, la rédaction des actes, l’éthique professionnelle et la relation client.
Cette vision est portée par l’école BELLA-DT, initiative de l’ONG Nouvelle Formation Professionnelle, qui œuvre à la qualification des agents immobiliers et à la promotion de standards professionnels plus élevés. Pour ses promoteurs, la professionnalisation demeure l’une des conditions essentielles pour assainir le secteur et renforcer sa crédibilité auprès des investisseurs et des populations.
Construire ensemble un habitat de qualité
Au-delà des enjeux corporatistes, les intervenants ont insisté sur le caractère transversal de l’immobilier, qui mobilise à la fois l’urbanisme, la gouvernance foncière, le notariat, l’architecture, la fiscalité et les collectivités territoriales.
Cet impératif de collaboration a été largement mis en avant lors des échanges, les organisateurs appelant à une synergie renforcée entre les administrations publiques, les professions réglementées et les acteurs privés afin d’instaurer un environnement plus sécurisé et plus attractif pour les investissements immobiliers.
Une célébration tournée vers l’avenir
La Journée mondiale de l’habitat a ainsi servi de tribune pour porter un plaidoyer en faveur d’un secteur immobilier mieux structuré, capable de répondre aux attentes croissantes des citoyens en matière de logement et de sécurité foncière.
La cérémonie a également été marquée par la remise des diplômes à la deuxième promotion des étudiants de l’école BELLA-DT/NFP et par la graduation de M. Tchindé Wiyaou au grade de Docteur Honoris Causa, deux moments symboliques illustrant la place centrale que la formation et le renforcement des compétences occupent aujourd’hui dans la modernisation de l’immobilier togolais.
À travers cette célébration, les acteurs du secteur ont adressé un message clair aux autorités : la professionnalisation des agents immobiliers et la formalisation de leur statut juridique constituent désormais une urgence pour bâtir un habitat plus sûr, plus transparent et plus conforme aux ambitions de développement du Togo. Fin
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