
Grâce à son plateau technique, l’Hôpital Dogta-Lafiè (HDL) a accueilli à Lomé ses premières interventions de chirurgie endoscopique du rachis, menées par une équipe togolaise de neurochirurgie avec une équipe du CHU de Bordeaux. Les premières opérations se sont très bien déroulées ce mercredi 4 novembre.
Un plateau technique à la hauteur de l’enjeu
C’est à l’Hôpital Dogta-Lafiè, que cette nouvelle technique chirurgicale a fait ses débuts au Togo. Deux interventions de chirurgie endoscopique du rachis s’y sont tenues dans le cadre d’une mission de coopération. Elle associe l’équipe togolaise de neurochirurgie, conduite par le Pr Essosimna Kpelao, à une équipe du CHU de Bordeaux, conduite par le Pr Jean-Rodolphe Vignes.

L’HDL a été retenu pour les équipements de son bloc opératoire: « L’établissement disposait déjà des équipements prérequis. Nous l’avons donc choisi pour lancer cette activité au Togo », explique Pr Kpelao.
Pr Vignes salue lui aussi l’outil : « Le plateau technique d’ici est magnifique. Il permet de développer toutes les techniques chirurgicales modernes, et il est assez complet. »

Des premières opérations réussies
Les premières interventions se sont très bien passées, rapporte Pr Kpelao. Le patient opéré venait de se réveiller. Là où il faut d’ordinaire attendre deux ou trois jours avant de le mettre debout, il pourra se lever dans l’heure et marcher. Sa sortie est envisagée au plus tard vendredi.
« Cela réduit la durée d’hospitalisation et la douleur postopératoire, et c’est le vrai bénéfice de cette technique », souligne le chirurgien, qui parle d’« une chirurgie idéale pour remettre les patients sur pied ». Le risque d’une lombalgie postopératoire est aussi quasi nul.

Un centimètre d’incision, une caméra pour guide
La chirurgie endoscopique permet d’opérer à l’aide d’une caméra miniature et d’instruments introduits par de petites incisions. Ici, l’incision mesure à peine un centimètre, contre 5 à 6 centimètres pour la technique traditionnelle, même sur un seul niveau de la colonne. L’endoscope contrôle les gestes du chirurgien et le conduit directement à la zone à traiter.
L’intérêt est de limiter la désinsertion des muscles qui entourent la colonne vertébrale. Pr Kpelao rappelle que c’est elle qui provoque l’essentiel de la douleur après une chirurgie du rachis. Le patient souffre donc moins, séjourne peu à l’hôpital et reprend vite ses activités.

Quels patients ?
La technique peut être envisagée pour certaines hernies discales lombaires responsables d’une sciatique, ainsi que pour certains rétrécissements du canal lombaire. L’équipe médicale évalue chaque indication selon les symptômes, l’examen clinique et l’imagerie. Dans la grande majorité des cas, précise Pr Kpelao, il s’agit de maladies dégénératives. L’usure de la colonne provoque des douleurs lombaires et peut comprimer les nerfs qui descendent vers les pieds. Le patient a alors parfois du mal à marcher.
Une coopération qui s’inscrit dans la durée
Cette mission prolonge une collaboration avec l’équipe de Bordeaux qui dure depuis trois ans. Elle avait démarré au CHU, qui ne réunit pas encore les conditions pour pratiquer cette chirurgie, selon Pr Kpelao.
Pr Vignes décrit un partenariat et un accompagnement qui se poursuivent, cette fois autour de nouvelles techniques en cours de diffusion. L’idée est de faire participer le plus possible les équipes locales, au profit des populations.
Pour cette première étape, l’activité ne mobilise qu’une journée, avec deux patients. « À la prochaine mission, nous réserverons probablement toute la semaine pour opérer beaucoup plus de patients, avec plus de recul », annonce Pr Kpelao.

À terme, l’objectif est d’élargir la technique à l’ensemble des hôpitaux publics, pour la rendre accessible à toute la population. Fin
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