
À Lomé, la 11ᵉ Conférence Régionale Africaine sur l’Assurance Inclusive (CRAAI) s’est ouverte dans un climat d’engagement et de lucidité, réunissant du 25 au 27 mars 2026 les principaux acteurs du secteur assurantiel africain. Assureurs, régulateurs, institutions publiques, experts internationaux, fintechs et partenaires techniques ont convergé vers la capitale togolaise pour réfléchir aux voies d’un accès élargi à la protection financière sur le continent.
Un rendez‑vous devenu incontournable pour l’Afrique
Créée pour répondre à la faible pénétration de l’assurance sur le continent, la CRAAI s’est imposée au fil des éditions comme un espace de dialogue stratégique. L’enjeu est majeur : une grande partie des populations africaines demeure exposée aux risques sanitaires, économiques et climatiques sans mécanismes de protection adaptés.
L’assurance inclusive apparaît dès lors comme un levier essentiel de résilience, de stabilité sociale et de développement durable.
Le choix de Lomé n’est pas anodin. Le Togo, leader de l’inclusion financière dans l’UEMOA avec un taux d’utilisation des services financiers de 87,1 % en 2023, s’affirme comme un hub régional du dialogue économique et un laboratoire de solutions innovantes.
Un discours d’ouverture qui appelle à une transformation profonde
Dans son allocution inaugurale à l’ouverture le 25 mars, le ministre togolais en charge des assurances, Jean‑Marie Tessi, a donné le ton d’une conférence résolument tournée vers l’action.
Il a d’emblée invité les participants à dépasser le constat des défis pour embrasser « l’innovation, la réadaptation des modèles existants » et la construction de systèmes assurantiels « plus inclusifs, plus résilients et plus adaptés aux réalités de nos populations ».
Le ministre a rappelé que l’économie africaine repose largement sur des millions d’acteurs informels — revendeuses de marchés, conducteurs de taxi‑moto, ouvriers agricoles, artisans, tenanciers de maquis — dont la vulnérabilité face aux aléas du quotidien demeure préoccupante.
Un simple accident domestique, une mauvaise récolte ou un début d’incendie peut anéantir des années d’efforts.
Or, l’assurance classique reste souvent perçue comme un produit de luxe, inaccessible pour beaucoup.

L’assurance inclusive, un impératif de solidarité et de souveraineté
Jean‑Marie Tessi a plaidé pour une réinvention de l’assurance africaine.
La micro‑assurance et l’assurance inclusive doivent devenir, selon lui, des instruments de solidarité, de mutualisation avancée des risques et de renforcement de la résilience collective.
Il a toutefois souligné les défis structurels du secteur : coûts d’exploitation élevés, marges réduites, modèles économiques fragiles. D’où la nécessité d’un changement de paradigme en l’occurrence, embrasser pleinement la digitalisation, faire confiance aux startups et aux jeunes développeurs, et adapter les solutions aux réalités locales, y compris via des technologies simples comme l’USSD.
Le ministre a également appelé les régulateurs à accompagner cette dynamique par des réformes agiles, sans renoncer à l’exigence de protection des consommateurs.
Trois leviers pour une rupture durable
Pour marquer un tournant, le ministre a identifié trois axes structurants notamment l’InsurTech et la convergence numérique qui doivent transformer le téléphone portable en véritable bureau d’assurance de proximité, la simplification par l’assurance paramétrique à travers la modélisation des risques, l’automatisation des cotisations et des indemnisations, et l’instauration d’une transparence totale, et enfin l’agilité réglementaire qui doit consister à adapter les cadres juridiques à l’évolution rapide des modèles assurantiels.

Un marché d’avenir pour l’Afrique
Jean‑Marie Tessi a insisté sur la dimension stratégique de l’assurance inclusive :
elle n’est pas une œuvre caritative, mais un marché d’avenir, un levier endogène de souveraineté économique, particulièrement crucial dans un contexte de raréfaction des financements internationaux.
L’assurance inclusive pourrait ainsi devenir l’un des rares outils capables de soutenir durablement les économies nationales et d’accompagner les États dans le financement de leurs politiques publiques. Fin
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