Projet PEAT : entre ambitions et obstacles

Lancé en 2015, le Projet Eau et Assainissement au Togo (PEAT) devait constituer la pierre angulaire de la stratégie nationale d’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement. Conçue comme une phase pilote couvrant Lomé, Atakpamé et Dapaong, cette première étape avait vocation à servir de modèle pour une extension progressive à l’ensemble du territoire. Toutefois, entre résiliations de contrats, insuffisances techniques et réajustements institutionnels, le PEAT illustre les difficultés structurelles qui entravent la mise en œuvre des grands projets publics.

Dès 2017, une seconde phase a été engagée pour répondre à l’urgence des besoins dans les cinq régions du pays, alors même que la première n’était pas achevée. Cette accélération, dictée par la pression sociale, a mis en lumière la tension permanente entre impératif de rapidité et exigence de rigueur technique.

Les études de conception, confiées au cabinet international IGIP, ont été interrompues en 2018 pour défaut d’exécution. Ce premier revers a révélé la complexité de mobiliser des partenaires capables de répondre aux standards requis. Par la suite, plusieurs bureaux d’études se sont succédé — CIRA, puis le groupement Louis Berger/Egis Eau/ACEP, tous deux écartés pour insuffisances — avant que AESA ne reprenne la supervision des travaux. Cette instabilité a considérablement ralenti l’avancement du projet.

Face aux contraintes financières et opérationnelles, l’État togolais et la Délégation de l’Union européenne ont adopté une approche pragmatique : confier les travaux complexes à des bureaux spécialisés et déléguer les interventions non complexes à la Société de Patrimoine Eau et Assainissement (SP‑EAU). Ce réajustement visait à préserver la continuité du projet malgré les difficultés rencontrées.

Au‑delà des aspects techniques, le PEAT met en exergue un enjeu fondamental : la gouvernance des projets publics. L’accès à l’eau et à l’assainissement demeure une priorité nationale et un droit essentiel. Mais la réussite d’un projet de cette envergure repose autant sur la qualité des études et la fiabilité des partenaires que sur la transparence, la planification et la rigueur dans l’exécution.

En définitive, le PEAT apparaît comme un révélateur des défis auxquels le Togo est confronté dans sa quête de solutions durables pour l’eau et l’assainissement. Entre ambitions légitimes et obstacles récurrents, il rappelle que chaque avancée dans ce secteur vital exige une gouvernance exemplaire, où chaque décision compte autant que chaque goutte d’eau. Fin

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