Conflit soudanais : la CSI‑Afrique appelle à agir

À l’issue d’une mission de solidarité de haut niveau menée à Port‑Soudan du 12 au 16 janvier 2026, la Confédération syndicale internationale – Afrique (CSI‑Afrique) tire la sonnette d’alarme sur la nature et l’ampleur du conflit qui ravage le pays. L’organisation syndicale régionale, qui a rencontré travailleurs, syndicats, femmes, étudiants et institutions publiques, publie un rapport accablant et une déclaration sans ambiguïté : le Soudan n’est pas plongé dans une simple guerre civile, mais dans une insurrection par procuration, alimentée de l’extérieur et dirigée contre les populations civiles.

Selon la CSI‑Afrique, les preuves recueillies montrent un conflit marqué par le ciblage systématique des civils, des infrastructures essentielles et des institutions du travail, entraînant des déplacements massifs, l’effondrement des moyens de subsistance et la destruction de régions entières. Les témoignages de femmes soudanaises font état de violences sexuelles utilisées comme armes de guerre, tandis que les enfants grandissent dans un environnement de traumatisme et de désespoir.

La mission documente également des schémas concordants de nettoyage ethnique et d’actes susceptibles de constituer un génocide, visant notamment les communautés Masalit, Zaghawa et Fur. Villages vidés de force, exécutions ciblées, violences sexuelles systématiques : autant d’éléments qui, selon la CSI‑Afrique, doivent être nommés clairement et faire l’objet de poursuites internationales.

L’organisation pointe par ailleurs le rôle d’acteurs extérieurs, en particulier les Émirats arabes unis, accusés de fournir financement, armes, mercenaires et soutien logistique à des groupes armés responsables d’atrocités. Ces ingérences, déjà observées en Libye et en Somalie, alimentent selon elle une dynamique régionale de déstabilisation motivée par des intérêts géopolitiques et économiques.

Face à cette situation, la CSI‑Afrique appelle la communauté internationale à rejeter les narratifs réducteurs, à exiger un cessez‑le‑feu immédiat et vérifiable, à garantir un accès humanitaire sans entrave et à engager des mécanismes de justice et de responsabilité, y compris à l’encontre des acteurs étrangers impliqués. L’organisation estime qu’un silence international équivaut désormais à une forme de complicité.

Au‑delà de l’urgence sécuritaire, la CSI‑Afrique plaide pour un soutien international coordonné en faveur de la reconstruction du Soudan : infrastructures, services publics, moyens de subsistance, réintégration des populations déplacées. Elle propose la tenue d’un sommet international dédié à la reconstruction, fondé sur la justice, la responsabilité et un relèvement centré sur les travailleurs, reconnaissant pleinement les syndicats comme acteurs stratégiques de la reconstruction sociale et économique.

« Il ne peut y avoir de paix durable sans justice », rappelle la déclaration, qui conclut en réaffirmant la solidarité des travailleurs africains avec le peuple soudanais et leur engagement à défendre la dignité, les droits et la justice sociale. Fin

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