27ᵉ session ordinaire de l’Assemblée des ministres de la santé de la CEDEAO : données, innovation, action

Freetown, capitale de la Sierra Leone, a accueilli ce vendredi 24 avril 2026 l’ouverture solennelle de la 27ᵉ session ordinaire de l’Assemblée des ministres de la Santé de la CEDEAO. Sous la présidence du Premier ministre David Moinina Sengeh, entouré des ministres de la santé des États membres et du Directeur général de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), Dr Melchior Athanase Joël C. Aïssi, la rencontre a posé les bases d’une nouvelle phase d’intégration sanitaire régionale.

Un thème qui engage : éliminer le paludisme par une approche intégrée

Le choix du thème — « Élimination du paludisme dans l’espace CEDEAO à travers une approche régionale intégrée » — s’inscrit dans la continuité des travaux techniques menés depuis le 20 avril par les points focaux et les experts de l’OOAS. Ces sessions préparatoires ont permis d’évaluer les performances sanitaires, d’harmoniser les stratégies nationales et de formuler des recommandations structurantes destinées à guider les décisions ministérielles.

Le paludisme demeure l’un des principaux obstacles au développement humain en Afrique de l’Ouest. Il pèse lourdement sur les systèmes de santé, fragilise les économies et accentue les vulnérabilités sociales. Dans ce contexte, la CEDEAO entend passer d’une logique de contrôle à une dynamique d’élimination.

La solidarité régionale comme fondement stratégique

Dans son allocution, le Directeur général de l’OOAS a rappelé l’impératif d’une action collective : « Aucun État ne peut éliminer le paludisme à lui seul. Les maladies ne connaissent pas de frontières. » Cette déclaration résume l’esprit de la rencontre : seule une coordination régionale, fondée sur le partage des données, la synchronisation des interventions, l’innovation technologique et la mobilisation durable des ressources, peut permettre d’atteindre l’objectif fixé.

Le cadre stratégique régional élaboré par l’OOAS, soumis à l’appréciation des ministres, propose une architecture d’action articulée autour de la gouvernance sanitaire, de l’intégration communautaire, de la digitalisation des données, de la recherche locale et du financement domestique.

La Sierra Leone, un laboratoire de progrès

Le ministre sierra‑léonais de la Santé, Dr Austin Demby, a dressé un tableau lucide de la situation : l’Afrique concentre 96 % des cas mondiaux de paludisme et 97 % des décès, tandis que les progrès stagnent depuis 2015. Il a alerté sur une possible réduction de 30 % des financements internationaux, susceptible d’entraîner 146 millions de cas supplémentaires et près de 400 000 décès évitables d’ici 2030.

Pourtant, la Sierra Leone affiche des avancées notables : baisse de 27 % de l’incidence chez les enfants de moins de cinq ans entre 2019 et 2023, chute de 89 % des décès hospitaliers en un an, intégration pionnière des vaccins antipaludiques et distribution massive de moustiquaires grâce à des outils numériques innovants. Ces résultats démontrent qu’une stratégie cohérente, soutenue par des données fiables, peut produire des impacts mesurables.

Le défi central : financer durablement l’ambition régionale

La transition vers l’élimination exige un financement stable, prévisible et majoritairement domestique. Dr Demby a interpellé ses pairs : « L’enjeu est de savoir si l’engagement politique dans cette salle est à la hauteur du défi. » La question du financement est désormais au cœur des discussions, tant les États doivent réduire leur dépendance aux appuis extérieurs.

La Charte de Freetown : une innovation structurante

Le Premier ministre David Moinina Sengeh a présenté la Charte de Freetown, initiative visant à promouvoir une gouvernance sanitaire fondée sur les données, soutenue par les technologies numériques et adaptée aux réalités africaines. L’objectif : réduire la mortalité maternelle, infantile et néonatale grâce à des outils de suivi, d’analyse et de décision plus performants, incluant l’intelligence artificielle.

Cette charte marque une volonté claire : ne plus importer des solutions standardisées, mais développer des approches contextualisées, co‑construites et technologiquement pertinentes.

Des actions concrètes pour ancrer la mobilisation

En amont de la cérémonie, le Directeur général de l’OOAS a supervisé une distribution gratuite de moustiquaires imprégnées à Freetown, illustrant la volonté de l’organisation de traduire les engagements en actions tangibles. Une marche populaire est également prévue le 25 avril, Journée mondiale de lutte contre le paludisme, afin de mobiliser citoyens, experts et décideurs.

La présence du représentant du Groupe Agence Française de Développement (AFD), chef de file des partenaires de l’OOAS, témoigne de l’importance de l’appui international dans la consolidation des systèmes de santé.

Une Assemblée décisive pour l’avenir sanitaire de la région

La 27ᵉ Assemblée des ministres de la Santé de la CEDEAO s’annonce comme un moment charnière. Les résolutions attendues devront traduire les ambitions affichées en engagements concrets, mesurables et financés. La crédibilité de la coopération régionale dépendra de la capacité des États à mettre en œuvre les décisions adoptées et à inscrire durablement la lutte contre le paludisme dans leurs priorités nationales.

Au‑delà des discours, c’est la cohérence des actions, la continuité des efforts et la mobilisation collective qui détermineront l’impact réel de cette rencontre historique. Fin

Pour ne rien manquer de l’actualité, veuillez intégrer le groupe WhatsApp via…

https://chat.whatsapp.com/BTK9Xr8h6Ax6Js3xI7xrcQ?mode=wwt

Vous pouvez aussi vous abonner gratuitement à la chaîne par le lien…

https://whatsapp.com/channel/0029VbBrdovGE56j1Aj6qm28

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *