ASBI-XIII/ Battles apothéose : le Congo et le Bénin triomphent

Rideau sur la 13ᵉ édition du festival All Star Battle International, organisée par No Limit Crew Association, qui a fait vibrer ce samedi 27 juin le Magic Mirrors de l’Institut français du Togo. Une édition dense, généreuse, traversée par une énergie créative rare, confirmant une fois encore la place du Togo comme carrefour chorégraphique majeur du breaking africain.

Un rendez‑vous devenu incontournable pour les acteurs du mouvement

Artistes, danseurs, chorégraphes, créateurs, programmateurs et directeurs de festivals : la diversité des profils présents témoigne de l’ampleur prise par cet événement au fil des années. Venus de plusieurs pays de la sous‑région — Congo, Côte d’Ivoire, Bénin, Ghana, Burkina Faso — mais aussi d’Europe, les professionnels ont salué une édition marquée par la qualité des performances, la rigueur de l’organisation et la vision structurante portée par No Limit Crew.

Depuis quelques années, l’association a fait du Togo un centre névralgique du breaking, un lieu où se croisent les trajectoires, les esthétiques et les ambitions d’une génération de danseurs déterminés à inscrire leur art dans une dynamique professionnelle durable.

Des compétitions d’un niveau remarquable

Au cœur de cette édition, les battles ont offert un spectacle d’une intensité rare. Au Battle 2 contre 2, le Congo est sacré champion. Le duo Winner Africa, composé de Sao Jephte et Vicky Victor le Rocky, a remporté la finale face à la Côte d’Ivoire, représentée par Bboy Delkrim et Danky. Une victoire saluée pour sa précision technique, son sens du rythme et une créativité qui a conquis le public.

Au Battle féminin, le Bénin a montré sa suprématie avec deux finalistes, Assibavi et Sandrine, dans une confrontation d’une intensité remarquable. À l’issue d’un duel serré, Assibavi s’est imposée, confirmant la montée en puissance des danseuses sur la scène régionale.

Ces compétitions, très suivies, ont mis en lumière la qualité de la formation, la discipline et la maturité artistique des danseurs africains, dont le niveau ne cesse de croître.

Une édition riche en activités : ateliers, rencontres, transmissions

Au‑delà des battles, le festival a proposé un ensemble d’activités qui ont marqué les esprits notamment des ateliers de formation destinés aux jeunes danseurs, dessessions de transmission animées par des chorégraphes internationaux, desrencontres professionnelles entre programmateurs, directeurs de festivals et artistes, des conférences et échanges sur les modèles économiques du breaking, desperformances hybrides mêlant danse contemporaine, improvisation et breaking, des laboratoires de création pour encourager les collaborations transnationales et surtout l’événement phare, Pulse Africa.

Cette diversité témoigne d’une volonté claire : faire du festival non seulement un espace de compétition, mais aussi un laboratoire de structuration du secteur chorégraphique africain.

«Il faut du désir, mais aussi des infrastructures» : la vision dAlexandre Iséli

Parmi les voix marquantes de cette édition, celle d’Alexandre Iséli, un directeur de festival venu d’Europe, qui a apporté un éclairage précieux sur les enjeux du breaking africain.

Il confie avoir été frappé par la puissance du désir qui anime les jeunes danseurs :

« Pour danser ainsi, il faut avant tout du désir. Sinon, on s’arrête dès le deuxième jour, épuisé. Tous ces danseurs ont ce moteur intérieur. »

Mais il rappelle également que ce désir doit s’accompagner d’un travail de structuration :

« C’est un puzzle : la formation, les danseurs, les espaces, les théâtres, les réseaux, les financements, les infrastructures. Il faudra peut‑être vingt ou trente ans pour que cela prenne véritablement forme. »

Ses propos résonnent comme un appel à la consolidation des réseaux, à la création de débouchés, à l’investissement dans des infrastructures pérennes. Une vision qui rejoint celle de No Limit Crew, dont l’engagement constant contribue à bâtir les fondations d’un écosystème chorégraphique solide.

Un festival qui dépasse la performance : un acte de structuration culturelle

Cette 13ᵉ édition confirme que All Star Battle International n’est plus seulement un événement artistique : c’est un levier de transformation, un espace de circulation des savoirs, un pont entre les scènes africaines et internationales.

Les acteurs présents parlent de fierté, montée en puissance du breaking, professionnalisation croissante, renforcement des réseaux et affirmation du Togo comme hub chorégraphique régional.

Le festival s’impose ainsi comme un moteur de structuration culturelle, un lieu où se fabrique l’avenir de la danse urbaine sur le continent.

Une édition qui ouvre des perspectives

En refermant le rideau sur cette 13ᵉ édition, une certitude demeure : le breaking africain est en pleine ascension, porté par des artistes talentueux, des initiatives visionnaires et une énergie collective qui ne demande qu’à être accompagnée.

Le Togo, grâce à No Limit Crew, s’affirme comme un territoire d’avenir, un espace où se dessinent les contours d’une scène chorégraphique ambitieuse, inventive et résolument tournée vers le monde. Fin

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