ANSAT : un militaire en remplace un autre

Le lieutenant-colonel Atoulelou Kpatcha a été nommé directeur général de l’Agence nationale de la sécurité alimentaire (ANSAT), l’organisme public chargé de réguler le marché des produits agricoles et de constituer les stocks stratégiques du pays.

Créée en 2008 à partir de la transformation de l’ancien Observatoire de la sécurité alimentaire du Togo, mis en place dès 1997, l’ANSAT avait été renforcée à la suite de la crise alimentaire mondiale afin de donner à l’État togolais davantage de capacités d’intervention face aux pénuries et aux fluctuations de prix.

Les missions de l’agence sont concrètes et directement liées au quotidien des Togolais : constitution de stocks de denrées achetées auprès des producteurs nationaux, assistance alimentaire aux victimes de catastrophes naturelles ou de conflits, et accompagnement à la transformation ou à l’exportation en cas d’excédents. Ces dernières années, l’ANSAT est régulièrement intervenue pour organiser des ventes de céréales à prix réduit — maïs, riz, sorgho — dans les différentes régions du pays, notamment lors de pics de prix ou de tensions sur l’approvisionnement.

La nomination d’un officier supérieur à la tête d’une agence économique et non militaire n’est pas un cas isolé au Togo, où plusieurs structures stratégiques ont par le passé été confiées à des cadres issus des forces armées, dans une logique de rigueur de gestion et de fiabilité perçue.

Ce choix peut aussi se lire comme un signal : la sécurité alimentaire est traitée par l’exécutif togolais comme un enjeu de sécurité nationale à part entière, au même titre que la stabilité macroéconomique ou l’ordre public, particulièrement dans un contexte régional marqué par l’instabilité des prix agricoles et les effets du changement climatique sur les récoltes.

Le nouveau directeur général hérite d’un outil dont l’efficacité a déjà été démontrée à plusieurs reprises, mais qui reste dépendant de financements publics conséquents — le gouvernement togolais consacre chaque année plusieurs milliards de francs CFA à la sécurité alimentaire — et d’une coordination fine avec les producteurs locaux, dont les capacités de production demeurent vulnérables aux aléas climatiques. Fin

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