


L’esplanade de l’École de Formation des Officiers des Forces Armées Togolaises, à Pya, a revêtu ce vendredi 31 juillet 2026 les habits de la solennité militaire. En une même cérémonie, savamment orchestrée par un protocole que rien ne laisse au hasard, deux générations d’officiers se sont croisées : l’une refermant un cycle de deux années de formation, l’autre l’ouvrant à peine. Soixante-quatre récipiendaires de la 29ᵉ promotion, baptisée « Promotion 5 Février », ont reçu leurs épaulettes de sous-lieutenant, tandis que soixante-neuf nouveaux pensionnaires entraient officiellement dans les rangs de l’école sous le nom de « Promotion Résilience ».




Une tribune d’honneur à la mesure de l’événement
Représentant le Président du Conseil, chef suprême des armées, le Général de brigade Dimini Allaharé, chef d’État-major général des Forces armées togolaises, a présidé les cérémonies. À ses côtés, deux figures de l’exécutif législatif se partageaient la tribune d’honneur en qualité de parrains : le Professeur Komi Selom Klassou, Président de l’Assemblée nationale, désigné parrain de la promotion entrante, et le Président du Sénat, Barry Moussa Barqué, parrain de la promotion sortante. Autorités militaires, politiques, religieuses, traditionnelles et civiles avaient fait le déplacement pour assister à ce rituel immuable : baptême de la nouvelle promotion, transfert de la garde du drapeau de l’école, remise des épaulettes, prestation de serment et premier salut d’officier.
Avant que ne débute le protocole, le chef d’État-major général a tenu à observer un moment de recueillement à la mémoire des victimes du terrorisme dans le septentrion togolais — geste sobre rappelant que cette cérémonie de prestige se déroule dans un contexte sécuritaire que nul, à Pya, ne feint d’ignorer.



Une promotion sortante aux couleurs de l’intégration régionale
La 29ᵉ promotion se distingue par une composition résolument panafricaine : ses soixante-quatre élèves officiers, parmi lesquels trois femmes, sont issus de dix nationalités différentes — Bénin, Burkina Faso, Centrafrique, Congo, Côte d’Ivoire, Guinée Conakry, Mali, Niger, Tchad et Togo. Tous ont prêté serment de servir leurs patries respectives avant d’adresser leur tout premier salut d’officier au chef d’État-major général. Le Général Allaharé a salué dans cette diversité la confirmation du rôle sous-régional de l’EFOFAT, devenue au fil des années un creuset de formation pour les cadres militaires de plusieurs pays voisins, dont il a remercié les armées pour la confiance ainsi renouvelée.
L’exigence du métier des armes, rappelée aux nouveaux officiers
S’adressant aux jeunes sous-lieutenants, le chef d’État-major général a énuméré les qualités attendues de tout officier accompli — leadership, intégrité, loyauté, compétence, esprit d’équipe et sens du devoir — avant de les exhorter à honorer, par leur engagement futur, le nom de leur promotion, choisi en mémoire de la date du décès du Général Gnassingbé Eyadéma. Il a conclu son adresse par une formule appelée à devenir leur boussole professionnelle, les invitant à « marcher avec détermination » et à « servir avec honneur ».
À l’attention de la promotion entrante, baptisée « Résilience », le Général Allaharé a livré une lecture presque philosophique de ce nom de baptême, y voyant un rappel permanent de la nécessité de se relever après chaque épreuve. Il a présenté leur parrain, le Professeur Klassou, comme l’incarnation vivante de cette vertu.


Un bilan académique sans faille
Le Colonel Agba Napo Djorre, commandant de l’école, a dressé le bilan de l’année écoulée, marqué par un taux de réussite de 100 % pour les deux promotions concernées. Il a insisté sur la richesse et la pertinence des enseignements dispensés au cours des deux années de formation, conçus pour préparer les élèves officiers aux réalités contemporaines du métier des armes.
La cérémonie s’est achevée par la remise des prix d’excellence au major et au second de la promotion sortante, puis par un défilé militaire venu clore, dans l’ordre et la discipline, cette double célébration.
Trente et un ans après sa création, l’EFOFAT peut se prévaloir d’un bilan conséquent : mille cent soixante-dix-huit officiers formés, dont deux cent quatre-vingt-treize issus de pays frères et amis — une trajectoire qui confirme, cérémonie après cérémonie, la place que l’école de Pya occupe désormais dans le paysage de la formation militaire ouest-africaine. Fin
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