
Il y a des postes qui ne pardonnent rien : où l’on doit courir tout le match, défendre comme un roc et centrer comme un artiste. Au Togo, le latéral gauche est une denrée rare, un profil que les clubs s’arrachent et que les sélectionneurs peinent à dénicher. C’est précisément à ce poste qu’évolue Olivier Yendoubouame Yabouri, 23 ans, jeune tаlent de l’ASCK, dont la dernière saison a de quoi faire tourner bien des têtes, jusque dans les bureaux de recrutement européens.

Une saison pleine, à un poste où l’on manque de certitudes
Les chiffres, d’abord, parlent d’eux-mêmes. Titulaire indiscutable dans le couloir gauche de l’ASCK, Yabouri a disputé 23 des 26 journées de championnat, terminant la saison avec un but et cinq passes décisives — un rendement offensif remarquable pour un défenseur, à une époque où le football moderne exige de ses latéraux qu’ils soient autant des sentinelles que des relanceurs. Sur le plan collectif, l’ASCK a bouclé l’exercice avec 60 points, seulement deux défaites et cinq matchs nuls au compteur : une solidité défensive dans laquelle le jeune international en devenir a pris toute sa part, en championnat comme lors des parcours en Coupe du Togo et en Coupe de l’Indépendance.
Mais c’est sans doute sur la scène continentale que Yabouri a le plus attiré les regards. Face au Renaissance Sportive de Berkane, dans le cadre des tours préliminaires de la Ligue des champions africaine, le natif de Lomé a livré une prestation de haute facture, rivalisant d’intensité et de justesse technique face à l’un des clubs les plus huppés du football marocain. L’élimination de l’ASCK n’a rien enlevé à la performance individuelle du joueur, révélateur d’un joueur déjà capable de hausser son niveau de jeu dans les grands rendez-vous.

Formé à Agoè, façonné pour aller plus haut
Yabouri n’est pas un talent surgi de nulle part. Il a fait ses classes à l’académie Futur Stars d’Agoè (FSA), une pépinière qui a déjà prouvé sa capacité à révéler des joueurs solides tactiquement et disciplinés dans l’effort — deux qualités indispensables à un poste aussi exigeant que celui de latéral gauche.
Sous la houlette de son entraîneur King Ametokodo à l’ASCK, il a franchi un palier supplémentaire cette saison, gagnant en constance et en maturité, au point de devenir l’un des cadres défensifs de son équipe alors qu’il n’a pas encore atteint le sommet de sa courbe de progression.
Interrogé sur son exercice écoulé, le joueur livre une analyse lucide, à mi-chemin entre la satisfaction du travail accompli et une exigence intacte envers lui-même :
« Nous avons terminé le championnat l’année passée avec 60 points, pour 5 matchs nuls et seulement 2 défaites. De mon côté, j’ai disputé 23 des 26 journées, avec 1 but et 5 passes décisives à mon actif. J’ai également pris part à la Coupe du Togo, à la Coupe de l’Indépendance, ainsi qu’aux tours préliminaires de la compétition continentale, notamment face à RS Berkane, une situation sans doute satisfaisante pour un joueur, mais qui est loin de mes ambitions propres. Cette année, l’idée est de faire mieux, de continuer par progresser et apprendre, ce qui doit passer par le travail, la discipline, la détermination, l’abnégation et le sérieux dans tout ce qu’on fait. »
Cette exigence personnelle, rare chez un joueur encore jeune, est peut-être le meilleur indicateur de sa marge de progression. Elle traduit une conscience aiguë que les bonnes statistiques d’une saison ne sont qu’une étape, et que la vraie ambition se mesure à l’aune de ce qui reste à construire.

Un profil à suivre de près, pour les Éperviers comme pour l’exportation
Le football togolais souffre depuis longtemps d’un déficit chronique à ce poste précis. Les latéraux gauches capables d’allier rigueur défensive, abnégation dans l’effort et projection offensive se comptent sur les doigts d’une main dans le championnat national — ce qui rend d’autant plus précieux un profil comme celui de Yabouri, déjà rompu à l’exercice le plus corsé, celui des compétitions continentales.
Pour la sélection nationale, l’enjeu est clair : un latéral gauche fiable, formé localement, capable d’endurer la charge physique d’une campagne entière et de peser offensivement sur son couloir, est une pièce rare dans l’échiquier des Éperviers. À l’heure où le Togo cherche à consolider son ossature défensive pour les prochaines échéances internationales, un joueur au profil aussi complet mérite une observation attentive des sélectionneurs successifs — et sans doute, à terme, une place dans le groupe national.

Quant aux clubs européens en quête de profils formés à moindre coût mais déjà rompus à la compétition internationale, la prestation de Yabouri face à Berkane a valeur d’échantillon : un joueur capable de tenir son rang contre une valeur sûre du football nord-africain a, par construction, les qualités pour s’aguerrir plus haut. Reste à espérer que ce talent, discret mais solide, ne reste pas trop longtemps sous le seul radar togolais — car les pépites de ce calibre, à ce poste précis, ne se rencontrent pas à chaque génération. Fin
Pour ne rien manquer de l’actualité, veuillez intégrer le groupe WhatsApp via…
https://chat.whatsapp.com/BTK9Xr8h6Ax6Js3xI7xrcQ?mode=wwt
Vous pouvez aussi vous abonner gratuitement à la chaîne par le lien…