
Le tam-tam parlant a résonné ce samedi 8 août, sur les collines d’Atakpamé, portant loin la voix des ancêtres. Réunies autour d’un rite qui traverse les générations, les populations des préfectures de l’Anié, du Moyen-Mono et de l’Ogou ont célébré la 53ᵉ édition d’Odon-Itsu, la fête des ignames, placée cette année sous le signe d’un « grand Ogou uni, résilient et prospère ».
Un rite entre terre et mémoire
L’apothéose de la célébration a suivi un déroulé immuable, où chaque geste porte le poids d’une tradition séculaire. L’Atoupani, tam-tam parlant, a d’abord donné le ton, suivi de vingt et un coups de salves marquant solennellement l’entrée dans la fête. Puis est venu le temps de la bénédiction des prémices de l’igname — geste fondateur par lequel la communauté rend grâce à la terre nourricière — avant les hommages rendus aux ancêtres et aux producteurs agricoles, gardiens silencieux de la souveraineté alimentaire du grand Ogou.
Les danses folkloriques des différents groupes du terroir, les démonstrations artistiques traditionnelles et la dégustation collective des mets à base de la nouvelle igname ont ensuite pris le relais, tandis que la finale de la coupe de football Odon-Itsu venait ancrer la fête dans une convivialité résolument contemporaine.

Les traditions comme point d’ancrage
Prenant la parole à cette occasion, le ministre en charge de la Culture, Isaac Tchiakpé, a livré une réflexion sur le sens profond de ce rendez-vous : dans un monde en perpétuelle mutation, a-t-il souligné, les traditions demeurent des points d’ancrage essentiels, enseignant la solidarité, la responsabilité et la résilience. Il a rappelé qu’aucun territoire ne saurait bâtir son avenir dans l’isolement, saluant la diversité culturelle et le potentiel agricole des trois préfectures réunies.
Le ministre a également invité le peuple Ifè à faire de cette célébration un rendez-vous touristique de premier plan, capable de valoriser la gastronomie de l’igname, l’artisanat local et les industries créatives, au bénéfice direct des communautés.

La culture, un arbre aux racines nourricières
Président du comité d’organisation, Egbenou Georges a livré une formule qui résume l’esprit de la fête : « Un peuple qui honore sa culture est un arbre dont les racines nourrissent les générations futures. » Une image qui rappelle combien Odon-Itsu dépasse le simple folklore : elle est aussi transmission, initiation des jeunes générations aux valeurs d’amour, de paix, de vivre-ensemble et de travail qui structurent l’identité du grand Ogou.
Un rassemblement aux résonances régionales
Moment de retrouvailles et de fraternité pour les filles et fils du grand Ogou, dispersés entre le pays et la diaspora, la fête a aussi été l’occasion d’un dialogue intercommunautaire élargi. L’apothéose s’est déroulée en présence de la ministre de la Communication, Mme Kouigan Yawa, des gouverneurs de la région des Plateaux et du Grand Lomé, ainsi que de préfets, maires et députés. Autorités traditionnelles et religieuses se sont jointes à la célébration, aux côtés de délégations venues du Bénin, du Burkina Faso et du Ghana — signe que l’écho d’Odon-Itsu dépasse désormais largement les frontières du grand Ogou.
Plus d’un demi-siècle après sa création, la fête des ignames confirme ainsi sa vocation : celle d’un pont entre les générations, entre la terre et ceux qui la cultivent, entre la mémoire et l’avenir. Fin
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