
Kpalimé a servi de cadre, le 4 septembre 2026, au lancement officiel de la campagne de commercialisation du café et du cacao 2026-2027, porté par le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC). L’événement, tenu au Grand Hôtel du 30 Août, revêtait une portée particulière : il coïncidait avec le trentième anniversaire d’une institution qui, depuis 1996, structure et professionnalise ces deux filières au cœur de l’économie agricole togolaise.
Un bilan de campagne qui appelle à la consolidation
Ce lancement faisait suite à l’atelier bilan de la campagne 2025-2026, tenu les 1er et 2 septembre à Kpalimé, au cours duquel les acteurs du secteur ont dressé le constat d’une année active mais encore perfectible. Trente-neuf opérateurs économiques ont été mobilisés sur le terrain, pour des exportations totalisant 2 576 tonnes de café et 8 841 tonnes de cacao. Des volumes qui, tout en confirmant le poids économique de ces filières, ont conduit les participants à réaffirmer la nécessité de muscler la production, la commercialisation et la transformation locales, tout en intensifiant la lutte contre la contrebande transfrontalière — condition sine qua non pour préserver la compétitivité du café et du cacao togolais sur les marchés internationaux.

Des infrastructures qui montent en gamme
La campagne écoulée n’a pas été qu’un exercice de constat : elle a également été marquée par des investissements structurants, révélateurs d’une stratégie de long terme. La mise en service du Centre de traitement post-récolte de cacao d’excellence de Kessibo-Abréwankor, complétée par l’installation d’un second centre à Mpoti, dans la préfecture de Blitta, traduit une volonté claire de faire monter en qualité la production nationale, plutôt que de se contenter d’en accroître les seuls volumes. À ces infrastructures s’ajoutent la diffusion de matériel végétal amélioré, l’animation de Champs Écoles Paysans et la réhabilitation des parcelles semencières de Zozo Condji, autant de leviers agronomiques destinés à consolider durablement les rendements.
Côté café, la filière a poursuivi son travail de valorisation à travers la Maison du Café « Le Terroir », espace dédié à la dégustation et à la formation, ainsi que des initiatives ciblant la jeune génération de baristas en partenariat avec KAWA TOGO — signe d’une ambition qui dépasse la seule production brute pour investir également l’aval de la chaîne de valeur.

L’épreuve de la conformité internationale
L’enjeu le plus structurant pour l’avenir des deux filières reste sans doute leur mise en conformité avec le Règlement européen sur la déforestation (RDUE), qui imposera bientôt aux exportateurs togolais des exigences strictes de traçabilité. Le CCFCC a d’ores et déjà engagé les chantiers nécessaires : recensement des producteurs, géolocalisation des plantations et déploiement d’un système national de traçabilité. Un travail de fond, invisible aux yeux du grand public, mais dont dépendra la capacité du Togo à conserver l’accès à l’un de ses marchés d’exportation les plus exigeants.

Une campagne placée sous le triptyque qualité-transparence-traçabilité
En ouvrant la campagne 2026-2027, les responsables du secteur ont lancé un appel clair à l’ensemble de la chaîne — producteurs, acheteurs, contrôleurs, transformateurs et exportateurs — pour un respect rigoureux des règles de commercialisation. Trois décennies après sa création, le CCFCC affiche ainsi une ambition renouvelée : transformer des filières historiquement tournées vers l’exportation de matière première en chaînes de valeur plus performantes, plus durables et davantage créatrices de richesse pour les producteurs togolais eux-mêmes. Fin
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