
Face à une demande en poisson qui ne cesse de croître sur le marché national, le Togo mise résolument sur le développement de son aquaculture. En dix ans, la production piscicole du pays est passée de 23 tonnes en 2013 à 1 568 tonnes en 2023 — une progression qui illustre la volonté gouvernementale de réduire durablement la dépendance du pays à l’offre extérieure en produits halieutiques.
Une croissance à deux chiffres, année après année
Le chiffre parle de lui-même : multipliée par plus de soixante-huit en une décennie, la production aquacole togolaise affiche depuis 2013 un rythme de croissance annuel de 36 %. Une dynamique suffisamment robuste et constante pour transformer, en l’espace de dix ans, un secteur jusqu’alors marginal en une filière économique à part entière.
Cette progression n’est pas le fruit du hasard, mais bien celui d’une politique publique délibérée. Face à la forte demande en poisson qui caractérise le marché togolais — un produit central dans les habitudes alimentaires du pays —, le gouvernement a fait le choix stratégique de renforcer ses investissements dans la production locale, plutôt que de continuer à dépendre des importations pour satisfaire les besoins de consommation nationale.
Un investissement public de plus de 20 milliards de francs CFA
Pour amplifier cette dynamique déjà engagée, l’État togolais a annoncé un investissement de 20,04 milliards de francs CFA destiné à la filière aquacole, à déployer jusqu’en 2028. Un montant conséquent, qui traduit l’ambition du gouvernement de faire de la pisciculture un pilier à part entière de sa politique de sécurité alimentaire et de souveraineté économique.
L’objectif fixé pour cette enveloppe budgétaire est clair : porter la production de l’ensemble de la filière aquacole à une hausse de 25 % d’ici 2028, par rapport aux niveaux actuels. Une cible ambitieuse, mais cohérente avec la trajectoire de croissance déjà observée au cours de la dernière décennie.
Une filière appelée à peser davantage dans l’économie nationale
Au-delà des seuls chiffres de production, cette stratégie d’investissement s’inscrit dans une logique plus large de réduction de la dépendance du Togo aux importations alimentaires. En misant sur le développement de sa propre capacité de production piscicole, le pays entend non seulement répondre à une demande intérieure croissante, mais aussi consolider une filière génératrice d’emplois et de valeur ajoutée locale, de l’élevage à la transformation du poisson.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large de la communication gouvernementale « Protéger, Rassembler, Transformer », qui met en avant les investissements structurants engagés par l’État togolais dans différents secteurs économiques stratégiques, au service d’un même objectif : construire une économie nationale plus résiliente et moins dépendante de l’offre extérieure.
Dix ans après ses débuts modestes, l’aquaculture togolaise apparaît ainsi comme l’un des exemples les plus tangibles de cette ambition — une filière qui, de 23 tonnes en 2013 à plus de 1 500 tonnes une décennie plus tard, a d’ores et déjà démontré sa capacité de transformation, avant d’aborder une nouvelle étape de son développement à l’horizon 2028. Fin
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