Latrines et biogaz : la double innovation togolaise

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Face à l’intensification des pluies et à la multiplication des épisodes d’inondation, le gouvernement togolais a fait le choix d’adapter sa politique d’assainissement aux nouvelles réalités climatiques. En 2024, ce sont 71 895 personnes supplémentaires qui ont pu bénéficier d’un accès à des latrines améliorées, conçues spécifiquement pour résister aux effets des pluies intenses — une avancée qui s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre la défécation à l’air libre sur l’ensemble du territoire national.

Des ouvrages pensés pour le climat togolais

L’innovation ne réside pas seulement dans le nombre d’ouvrages installés, mais dans leur conception même. Ces latrines améliorées ont été spécifiquement développées pour résister aux effets des pluies intenses et des inondations qui touchent régulièrement plusieurs régions du pays — une adaptation qui répond directement aux enjeux du changement climatique, plutôt qu’une simple extension quantitative des infrastructures sanitaires existantes.

Cette approche traduit une évolution notable de la politique d’assainissement togolaise : il ne s’agit plus seulement de multiplier l’accès aux latrines, mais de garantir leur durabilité et leur fonctionnalité face à des conditions climatiques de plus en plus imprévisibles, condition indispensable pour que les progrès enregistrés en matière d’accès à l’assainissement ne soient pas anéantis par la prochaine saison des pluies.

Un mécanisme de financement au service des zones les plus vulnérables

Pour accompagner l’installation de ces ouvrages, le gouvernement a mis en place des mécanismes de fonds renouvelables et de crédit latrine, spécifiquement destinés à faciliter leur financement dans les zones les plus exposées. Dix-sept communes réparties dans les régions des Savanes, de la Kara et des Plateaux ont ainsi pu bénéficier de ce dispositif — un choix géographique qui n’est pas anodin, ces régions figurant parmi les plus vulnérables aux inondations et aux difficultés d’accès aux infrastructures sanitaires de base.

Ce mécanisme de crédit constitue un levier important pour lever l’un des principaux obstacles à l’adoption de latrines améliorées : leur coût d’installation, souvent hors de portée des ménages les plus modestes sans un accompagnement financier adapté.

Des communautés officiellement déclarées exemptes de défécation à l’air libre

Autre indicateur significatif de cette dynamique : 76 461 personnes supplémentaires vivent désormais dans des communautés urbaines et semi-urbaines officiellement déclarées exemptes de défécation à l’air libre en 2024. Cette reconnaissance officielle, loin d’être un simple exercice statistique, atteste d’un changement de pratiques en profondeur au sein des populations concernées, condition essentielle pour réduire durablement les risques sanitaires associés au manque d’assainissement — maladies hydriques, contamination des sources d’eau, ou encore propagation de pathologies infectieuses.

L’école, terrain privilégié de la sensibilisation et de l’innovation

La politique gouvernementale d’équipement en latrines n’a pas non plus négligé le milieu scolaire. Ce sont ainsi 6 551 élèves, répartis dans 25 écoles dotées de cantines, qui ont été équipés de latrines à biogaz. Une solution qui présente un double avantage : garantir aux élèves un accès à des infrastructures sanitaires dignes et sécurisées, tout en valorisant les déchets organiques produits par les cantines scolaires sous forme d’énergie renouvelable.

Ce choix technologique illustre une approche intégrée de l’assainissement scolaire, où l’hygiène des élèves se conjugue avec une gestion plus durable des ressources — un modèle qui pourrait, à terme, inspirer d’autres établissements scolaires du pays.

Une politique d’assainissement au service de la résilience nationale

Ces différentes avancées s’inscrivent dans le cadre de la communication gouvernementale « Protéger, Rassembler, Transformer », qui met en lumière les investissements structurants engagés par l’État togolais dans plusieurs secteurs clés de la vie quotidienne des populations. En matière d’assainissement, cette stratégie illustre une volonté claire : construire des infrastructures sanitaires capables de résister aux chocs climatiques, plutôt que de se contenter de solutions vulnérables aux aléas environnementaux.

À travers ces différentes actions — installation de latrines résilientes, mécanismes de financement ciblés, éradication progressive de la défécation à l’air libre et équipement des établissements scolaires en latrines à biogaz —, le gouvernement togolais dessine les contours d’une politique d’assainissement pensée pour durer, dans un contexte où l’adaptation au changement climatique devient un impératif transversal de l’action publique. Fin

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