All Star Battle International : le Togo, scène d’échanges artistiques

Du 19 au 27 juin, le Togo accueille la 13ᵉ édition d’All Star Battle International, un rendez‑vous devenu incontournable pour les artistes, programmateurs et institutions engagés dans la danse contemporaine et les cultures urbaines.

À l’initiative de l’association No Limit Crew, l’événement réunit cette année encore des figures venues d’Afrique, d’Europe et de l’océan Indien, toutes animées par une même conviction : la danse est un espace de circulation, de dialogue et de transformation.

Un carrefour artistique où se tissent de nouveaux réseaux

Pour Véronirina Julie Irisoa, programmatrice malgache, la présence à All Star Battle relève d’une démarche stratégique autant qu’artistique.

Elle voit dans le festival un terrain fertile pour ouvrir des espaces de diffusion, renforcer les réseaux de création et imaginer de nouvelles mobilités pour les danseurs africains.

« Ma présence ici vise avant tout à tisser de nouveaux liens artistiques, à ouvrir des espaces de diffusion pour les danseurs et à renforcer les réseaux de création », confie‑t‑elle.

Directrice d’un festival qui s’apprête à célébrer sa quatrième édition, elle retrouve à Lomé une vision qui lui est familière : l’intégration de toutes les esthétiques dans la création contemporaine, du hip‑hop aux formes traditionnelles, en passant par l’improvisation.

Pour elle, All Star Battle est un lieu où se dessinent des perspectives concrètes :
faire circuler les artistes entre pays africains, puis, à terme, vers les scènes internationales.

Un décloisonnement chorégraphique salué par les professionnels

La directrice du Festival Dissidance Itinérance, Hélène Taddéi‑Lawson, souligne quant à elle la singularité du festival : la cohabitation naturelle des styles, rarement observée ailleurs.

« Ce qui me frappe ici, c’est la facilité avec laquelle cohabitent les différentes esthétiques chorégraphiques », affirme‑t‑elle.

Hip‑hop, danse contemporaine, battle, danse traditionnelle : toutes ces formes dialoguent sans hiérarchie, nourrissant une énergie collective qui dépasse les frontières disciplinaires.

Pour la directrice, cette ouverture crée un environnement propice aux échanges internationaux, à la circulation des œuvres et à la réflexion commune sur les défis du secteur, qu’ils soient européens ou africains.

Elle insiste sur la nécessité de maintenir ces passerelles, de continuer à partager, à construire, à inventer ensemble.

« La danse devient ici le vecteur d’une énergie collective dont le monde a profondément besoin », souligne‑t‑elle.

Un festival reconnu pour son ingénierie et son rôle structurant

Pour Stéphane Blanchon, directeur délégué de l’Institut français du Togo et attaché culturel de l’Ambassade, All Star Battle s’impose désormais comme un événement phare, soutenu pour sa solidité, sa vision et sa capacité à fédérer.

Il rappelle que le festival a franchi un cap grâce à un partenariat avec le Festival Caravel, permettant la venue d’icônes du hip‑hop français, ces « All Timers » qui ont façonné la discipline depuis les années 1990.

« Vous avez cette capacité d’ingénierie qui permet de structurer, d’innover et de faire grandir les projets », souligne‑t‑il, saluant le travail de No Limit Crew.
L’ingénierie, dit‑il, c’est l’art de trouver des solutions : ouvrir des débouchés, imaginer des circulations, capter des financements, bâtir des réseaux.

Il inscrit ce soutien dans une dynamique plus large : Togo Créatif, Fonds Équipe France et Festival Instant Togo, autant de dispositifs destinés à renforcer la place du Togo dans les réseaux internationaux.

Pour lui, la question est centrale : comment positionner durablement le Togo sur l’échiquier culturel mondial, alors que des artistes togolais brillent déjà sur des scènes internationales.

Un festival qui dépasse la scène : un espace de coopération et d’avenir

Au‑delà des battles, des spectacles et des rencontres, All Star Battle International apparaît, aux yeux des professionnels présents, comme un laboratoire de coopération culturelle.
Un lieu où se croisent visions, expériences et stratégies, où se construit une communauté artistique consciente de ses défis et de son potentiel.

Les attentes convergent : renforcer les réseaux africains, accroître la mobilité des artistes, favoriser la diffusion internationale, soutenir les initiatives locales et faire du Togo un hub chorégraphique régional.

Cette 13ᵉ édition confirme que le festival n’est plus seulement un événement :
c’est un moteur de structuration, un accélérateur de talents, un pont entre les scènes, un espace où se fabrique l’avenir de la danse africaine.
Fin

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