Cacao togolais : entre infrastructures d’excellence et alliances internationales, destination M’poti

Image du centre d’Abrewankor

Le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC) confirme son ambition de hisser son cacao parmi les références mondiales. Ce lundi 1er juin, journée nationale de l’arbre au Togo, le CCFCC a dévoilé le nouveau centre de traitement post‑récolte de M’poti, dont l’inauguration est prévue le 3 juin prochain dans la commune de Blitta 3. L’opérationnalisation de ce joyau qui intervient quelques semaines après celui d’Abrewankor à Badou vient réaffirmer la stratégie nationale : professionnaliser la transformation, structurer la qualité et ouvrir la filière à des partenariats internationaux de haut niveau.

M’poti, une nouvelle infrastructure pour structurer la qualité

Fruit d’une collaboration avec les Chocolatiers et Pâtissiers du Monde et le Département des Yvelines (France), le centre de M’poti s’étend sur un hectare et comprend un magasin de stockage, un hall de fermentation, des aires de séchage, des sanitaires et un dortoir. Avec un investissement de 32,8 millions FCFA, l’infrastructure vise à produire un cacao premium destiné aux marchés spécialisés.

Les promoteurs ambitionnent de mettre sur le marché international 25 tonnes de cacao d’excellence dès la première année, une étape décisive pour positionner le Togo sur le segment des cacaos fins.

Abréwankor, le premier centre d’excellence comme modèle

L’annonce de M’poti intervient quelques semaines seulement après la mise en service du Centre d’excellence d’Abréwankor, dans la préfecture de Wawa. Cette infrastructure pilote, inaugurée en mai, a marqué un tournant majeur dans la stratégie nationale : professionnaliser la post‑récolte, standardiser les pratiques et offrir aux producteurs un outil moderne capable de garantir une qualité constante.

Le centre d’Abréwankor, géré par l’Union coopérative USCPCC IBA « COOP‑CA », a déjà permis de former des dizaines de producteurs aux techniques de fermentation et de séchage, deux étapes cruciales pour obtenir un cacao premium. Il constitue désormais la référence technique sur laquelle s’appuient les nouveaux centres, dont celui de M’poti.

Un partenariat stratégique avec les chocolatiers français

Présent à Lomé pour l’annonce, Thierry Lalet, président des Chocolatiers‑Confiseurs de France, a souligné l’importance du partenariat en cours avec le Togo. Il a rappelé que le cacao togolais, encore méconnu en Europe, possède un potentiel aromatique remarquable.

« Le Togo mérite un cacao fin et rare, capable de rivaliser avec les meilleures origines. Nous souhaitons proposer un chocolat 100 % togolais à nos clients en France et en Europe », a‑t‑il déclaré. Des analyses seront menées pour identifier les profils aromatiques spécifiques du cacao togolais, une étape essentielle pour son positionnement sur les marchés haut de gamme.

Le responsable français a également annoncé un engagement fort : un prix garanti de 1 400 FCFA/kg, indépendamment des fluctuations du marché international. Une mesure qui pourrait transformer durablement les revenus des producteurs.

Vers un partenariat renforcé avec le Club des Chocolatiers Engagés

Au‑delà de la collaboration actuelle, des discussions avancées sont en cours entre le CCFCC et le Club des Chocolatiers Engagés de France, un réseau influent regroupant des artisans et industriels spécialisés dans les chocolats éthiques et traçables.
Ce partenariat, en voie de formalisation, vise à développer des gammes de chocolats premium exclusivement issues du cacao togolais, renforcer la traçabilité et la transparence de la filière, promouvoir le cacao togolais sur les marchés européens et asiatiques et soutenir la formation des jeunes producteurs togolais.

Cette alliance pourrait constituer un levier majeur pour l’exportation, la valorisation et la reconnaissance internationale du cacao togolais.

Une vision nationale, faire du Togo une référence du cacao d’excellence

Pour Enselme Gouthon, Secrétaire général du CCFCC, l’objectif est clair : « Faire du Togo un pays de référence dans la production et la consommation du cacao et du café. »
Il insiste sur l’importance de la phase post‑récolte, véritable clé de la valeur ajoutée. « Pour que le producteur bénéficie d’un revenu décent, il faut lui garantir un marché qui valorise son produit. »

Le CCFCC prévoit la création d’autres centres d’excellence dans les zones de production, afin d’étendre les bonnes pratiques et d’encourager l’installation de jeunes dans la filière.

Le grand tournant pour la filière cacao

Avec l’ouverture du centre de M’poti, l’expérience d’Abréwankor et les partenariats internationaux en cours, le Togo renforce la structuration de sa filière cacao.
Le pays se positionne désormais sur un segment stratégique : celui des cacaos fins, traçables et à haute valeur ajoutée, capables de séduire les chocolatiers les plus exigeants. Fin

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