Cinq jours, quarante-trois films : Lomé s’apprête à devenir la capitale d’un cinéma en réseau

La 13ᵉ édition du Festival Émergence s’unit à la 4ᵉ édition du Festival Nomade du 7 au 11 novembre. Au programme : des projections, mais aussi des laboratoires de création, des mentors et des rencontres où les professionnels construisent leurs futurs films.On vient dans un festival « pour voir avant tout des films ». Joël Tchedre, directeur du Festival Émergence, a rappelé cette évidence en présentant, le vendredi 23 octobre à l’Institut français du Togo, une édition qui veut pourtant faire bien plus que projeter. Du 7 au 11 novembre, Lomé accueille la 13ᵉ édition d’Émergence, associée à la 4ᵉ édition du Festival Nomade. Quarante-trois films issus de dix-huit pays d’Afrique et d’Europe y seront présentés, auxquels s’ajoutent des ateliers de formation, des laboratoires et des rencontres professionnelles. Les premières activités préparatoires démarrent dès le 2 novembre.

Un label qui change la donne

Nomade est un festival itinérant porté par le programme Togo Créatif, financé par l’Union européenne et mis en œuvre notamment par l’Institut français du Togo et le Goethe-Institut. Il a successivement mis à l’honneur le jazz en 2023, la danse en 2024 et le théâtre en 2025 ; le cinéma est à l’affiche cette année, avec un partenaire venu de France, le festival Off-Courts de Normandie.

Pour Joël Tchedre, l’enjeu est concret : « Le fait que le Festival Émergence soit labellisé Festival Nomade nous donne un peu plus de moyens. Maintenir un festival chaque année pendant treize ans n’est pas toujours facile. » Le partenariat permet de faire venir des professionnels européens pour le réseautage, les échanges culturels et le partage des méthodes de fabrication des films.

Une programmation entre fiction, documentaire et animation

Le programme compte cinq longs métrages et trente-huit courts métrages, de la fiction, du documentaire et du film d’animation. Des cartes blanches ouvriront aussi une fenêtre sur le cinéma norvégien. Huit films sont annoncés pour la cérémonie d’ouverture du 7 novembre à Blue Zone Cacavéli, qui accueillera ensuite, jusqu’au 11, un village du festival. Le festival s’ouvre également à Aného, et quelque cent cinquante orphelins sont attendus en salle.

Apprendre à faire des films

La formation est l’un des axes forts de l’édition. « Pour pouvoir faire des films, il faut apprendre à faire des films », résume Joël Tchedre. Des ateliers couvrent le jeu d’acteur, l’écriture de scénarios, le développement de longs métrages et la création de courts. Le laboratoire de développement de longs métrages réunira dix-huit producteurs et auteurs-réalisateurs, accompagnés de mentors africains et européens. Neuf projets seront présentés à l’issue du processus, et deux d’entre eux, l’un de fiction et l’autre de documentaire, recevront des récompenses financières et matérielles.

Le laboratoire de courts métrages mobilisera une trentaine de jeunes d’Afrique de l’Ouest, une dizaine de professionnels européens et cinq techniciens togolais, avec un défi : créer des courts en dix jours, qui pourront ensuite être vus pendant le festival. Un atelier d’initiation au cinéma d’animation, animé par une experte française, ira aussi dans des écoles primaires.

Des prix et trois jurys

Le meilleur long métrage recevra 500 000 F CFA, grâce à l’Organisation internationale de la Francophonie. Pour les courts, des distinctions sont prévues en fiction et en documentaire, et un prix de la meilleure image est envisagé. Le jury des courts sera présidé par la Togolaise Kafechina, celui des longs par le Togolais Israël Tounou, et un jury de la Fédération des festivals africains de cinéma interviendra également. Des hommages seront rendus à des cinéastes africains, togolais et européens.

Un lieu de rencontre pour l’industrie

Pour l’Union européenne, représentée par Sandra Fernández, chargée de programme à la délégation de l’UE au Togo, l’intérêt est dans les activités parallèles : « Il faut profiter de cette occasion, car il n’est pas si fréquent de retrouver 140 ou 150 professionnels du cinéma au même endroit. » Pour Lionel Vignacq, directeur de l’Institut français du Togo, qui soutient Émergence depuis de nombreuses années, le cinéma est à l’honneur après le jazz, la danse et le théâtre, et le public est invité à découvrir courts et longs métrages dans différents lieux de Lomé et d’Aného. Fin

Pour ne rien manquer de l’actualité, veuillez intégrer le groupe WhatsApp via…

https://chat.whatsapp.com/BTK9Xr8h6Ax6Js3xI7xrcQ?mode=wwt

Vous pouvez aussi vous abonner gratuitement à la chaîne par le lien…

https://whatsapp.com/channel/0029VbBrdovGE56j1Aj6qm28

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *