
Un pont académique inédit relie désormais Lomé à Toronto. La Canadian International School of Lomé (CISL) et l’Université de l’Ontario français (UOF) ont officialisé, au cours d’une cérémonie tenue en visioconférence entre les deux villes, une entente de partenariat et de collaboration d’une durée de deux ans, destinée à ouvrir aux élèves togolais la voie des études postsecondaires en français au Canada.
Une continuité pensée de la maternelle jusqu’au campus torontois
L’ambition du dispositif dépasse la simple convention de coopération académique. Dès la rentrée de septembre 2026, les élèves du CISL bénéficieront d’un accompagnement structuré, conçu pour les suivre depuis la réflexion sur leur projet d’études jusqu’à leur intégration effective au sein du campus de l’UOF. Ce parcours prévoit des webinaires réguliers de présentation des programmes et des démarches liées aux études au Canada, des séances de découverte ouvertes aux élèves comme à leurs parents, des activités virtuelles de familiarisation avec le campus et la ville de Toronto, ainsi que des rencontres individuelles destinées à appuyer le choix de filière.
Pour Clément Kagbara, Administrateur général du CISL, cette entente s’inscrit dans une logique de continuité éducative sans rupture. Le parcours scolaire de ses élèves, sanctionné par le baccalauréat français ou le diplôme d’études secondaires de l’Ontario, se heurtait jusqu’ici à une question récurrente pour les familles : comment poursuivre des études universitaires une fois ce diplôme obtenu ? Le partenariat avec l’UOF entend précisément lever cette incertitude, en assurant non seulement l’admission, mais également le suivi du dossier et l’accompagnement dans les démarches de demande de permis d’études, jusqu’à l’installation à Toronto. « Aujourd’hui, nous franchissons une étape historique », a-t-il déclaré, présentant cette entente comme la preuve que l’excellence éducative togolaise peut rayonner au-delà des frontières nationales.

Une admission facilitée par la nature même du diplôme
L’un des atouts majeurs de ce partenariat réside dans la fluidité du processus d’admission. Le diplôme délivré par le CISL, reconnu directement par la province partenaire, facilite l’étude des dossiers côté canadien et accélère sensiblement les délais de traitement. L’entente prévoit d’ailleurs un accompagnement prioritaire des candidatures issues du CISL tout au long du processus d’admission, ainsi qu’un soutien personnalisé dans les démarches d’immigration étudiante, assuré par des professionnels autorisés — un service rare, que l’UOF doit notamment à l’expertise en immigration développée en interne au fil des cohortes d’étudiants internationaux accueillies ces dernières années.
Une université jeune, mais résolument francophone
Fondée en 2021, l’Université de l’Ontario français demeure l’une des institutions les plus récentes du paysage universitaire canadien. Elle n’en occupe pas moins une place singulière : parmi les six universités publiques du Grand Toronto, elle est la seule à fonctionner entièrement en français. Ses sept programmes, dont quatre filières fondatrices couvrant la pluralité humaine, l’économie et l’innovation sociale, la communication et les médias numériques ainsi que le travail social, répondent à une demande précise du marché ontarien : celle de professionnels bilingues capables de répondre aux besoins des populations francophones à travers l’Ontario et l’ensemble du Canada.
Selon Ramatou Barri, Directrice des ressources humaines et du développement des talents de l’UOF, cette taille encore modeste constitue paradoxalement un atout pédagogique. Les classes restreintes permettent un accompagnement personnalisé, difficile à égaler dans les grandes universités, complété par une dimension pratique affirmée : les étudiants bénéficient de stages leur permettant de mettre en application, sur le terrain, les enseignements théoriques reçus en classe. Des cours de langue en anglais sont par ailleurs proposés aux étudiants francophones ne maîtrisant pas encore la langue majoritaire de la province.

Une vocation francophone assumée au plus haut niveau
Pour Normand Labrie, Recteur et vice-chancelier de l’UOF, ce partenariat traduit concrètement la mission de l’institution. En tant qu’université publique de langue française, l’UOF s’estime investie de la responsabilité d’ouvrir des portes aux jeunes francophones, qu’ils viennent du Canada ou d’ailleurs — une vocation dans laquelle s’inscrit pleinement la collaboration avec le CISL. Cette entente s’ajoute ainsi aux collaborations internationales déjà développées par l’université, renforçant sa présence auprès des communautés francophones hors du Canada.

Un pont éducatif entre deux continents
Établissement bilingue accueillant les élèves de la maternelle au lycée, le CISL prépare depuis plusieurs années ses élèves au baccalauréat français comme au diplôme d’études secondaires de l’Ontario. Le partenariat noué avec l’UOF vient désormais prolonger ce double ancrage éducatif jusqu’au niveau universitaire, offrant aux jeunes Togolais une trajectoire académique cohérente, entièrement francophone, de la salle de classe lomééenne jusqu’au campus torontois — et confirmant, selon les mots de son administrateur général, la construction d’« un pont direct entre Lomé et Toronto ». Fin
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