
L’Assemblée nationale a pleinement assumé, ce vendredi 26 juin, sa mission constitutionnelle de contrôle de l’action gouvernementale en auditionnant le ministre délégué chargé de l’énergie, Robert Koffi Messan Eklo, dans le cadre d’une question orale avec débat consacrée aux délestages qui affectent le pays depuis plusieurs mois. Sous la présidence du Professeur Komi Selom Klassou, la Représentation nationale a exigé des explications précises, des engagements fermes et une vision stratégique claire pour garantir la sécurité énergétique du Togo.

Une interpellation parlementaire qui traduit l’exigence de redevabilité
À l’origine de cette séance, l’honorable Hessou Passiwè, vice‑président de la Commission agropastorale, a porté la voix des populations confrontées à des coupures répétées, y compris dans la capitale.
En sollicitant des éclaircissements sur les causes des perturbations, les mesures d’atténuation et les solutions structurelles envisagées, le député a rappelé que le Parlement n’est pas seulement une chambre législative : il est aussi un contre‑pouvoir chargé d’exiger des comptes à l’exécutif.
Cette démarche s’inscrit dans les articles 107 à 110 du Règlement intérieur, qui consacrent les questions orales comme un instrument essentiel de transparence et de contrôle démocratique.

Le gouvernement expose les causes structurelles du déficit électrique
Face aux députés, le ministre Eklo a détaillé les raisons des délestages. Le Togo, dont la demande atteint 360 MW aux heures de pointe, ne produit que 180 MW localement.
Les importations, habituellement de 110 MW depuis le Ghana et 115 MW depuis le Nigéria, ont chuté à certains moments à 20 MW et 70 MW, créant un déficit brutal.
Le ministre a distingué deux phénomènes en l’occurrence les délestages liés à l’insuffisance de puissance et les coupures techniques dues aux incidents, travaux ou intempéries.
Il a également souligné l’impact des fortes chaleurs sur la consommation, rappelant que la demande augmente mécaniquement lors des pics de chaleur.

Des mesures d’urgence pour stabiliser l’offre
Pour répondre à la crise, le gouvernement a engagé plusieurs actions immédiates. Il s’agit entre autres de la mise en service d’un premier groupe de 20 MW en 2025, l’entrée en exploitation imminente d’un second groupe de 20 MW, des négociations renforcées avec les fournisseurs d’électricité et de gaz et la mise en service prochaine de la centrale solaire de Dapaong (25 MWc + 40 MWh de stockage).
Le ministre a également appelé les ménages et entreprises à adopter des pratiques d’efficacité énergétique, soulignant que la gestion de la demande est un levier complémentaire indispensable.

Une stratégie énergétique de long terme présentée devant les députés
Au‑delà de l’urgence, le ministre a exposé la vision portée par le Pacte énergétique Togo Horizon 2030, qui vise à renforcer la souveraineté énergétique nationale. Il a rappelé que chaque mégawatt supplémentaire représente un investissement d’environ un million de dollars, sans compter les coûts de réseau.
Les projets structurants annoncés incluent une centrale thermique de 120 MW à Lomé, les centrales solaires de Sokodé (60 MWc) et Awandjélo (42 MWc), l’extension de la centrale de Blitta (+30 MWc et 10 MWh de stockage) et un projet hydroélectrique innovant à Kpimé, portant la capacité de 2 MW à 60 MW grâce à un système de pompage alimenté par une centrale solaire de 100 MW.
À terme, ces investissements devraient porter la capacité solaire nationale à près de 400 MWc, tout en renforçant la résilience du réseau grâce au déploiement de batteries de grande capacité.

Un Parlement vigilant, qui appelle à accélérer les investissements
À l’issue des échanges, les députés ont salué la clarté des explications fournies, tout en exhortant le gouvernement à accélérer la mise en œuvre des projets. Le Président de l’Assemblée nationale a rappelé que l’accès à une électricité fiable est un levier majeur de développement, conditionnant la compétitivité des entreprises, l’attractivité du territoire et l’amélioration des conditions de vie.
En interpellant le gouvernement sur un sujet aussi sensible, la Représentation nationale réaffirme son rôle central dans la gouvernance publique : exiger la transparence, contrôler l’action de l’exécutif et veiller à ce que les engagements pris devant la Nation se traduisent en résultats concrets. Fin
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