Sud Togo/ Petite saison des pluies : l’ANAMET donne des précisions

Dr Issaou Latifou, DG ANAMET

L’Agence Nationale de la Météorologie du Togo (ANAMET), a présenté  ce mardi 1er septembre à son siège, les résultats de prévision des paramètres agro-hydro-climatiques de la petite saison des pluies dans le Sud du pays, pour la période de septembre à novembre 2026. Présidée par le Directeur général de l’Agence, Dr Issaou Latifou, cette rencontre s’est tenue devant un parterre de journalistes et d’experts de l’Agence.

Des cumuls pluviométriques globalement favorables

« Les prévisions annoncent une situation normale à tendance excédentaire », a indiqué le Directeur général. Concrètement, les cumuls attendus au cours des trois prochains mois seront globalement similaires à la normale calculée sur les trente dernières années, et pourraient même, par endroits, lui être supérieurs — une perspective qui se traduit, selon lui, par un bon cumul pluviométrique pour les agriculteurs.

Le Directeur Général a toutefois nuancé : pour connaître la répartition exacte de ces pluies dans le temps, il faudra se référer aux prévisions sous-saisonnières et quotidiennes de l’Agence, seules capables de préciser comment la pluviométrie se répartira au fil de la saison.

Le bulletin officiel de l’ANAMET précise par ailleurs qu’un démarrage tardif à normal de la saison agricole est attendu dans toute la zone bimodale, tandis que des dates de fin de saison précoces à normales sont prévues dans les régions des Plateaux et Maritime. Des séquences sèches longues à tendance normale sont annoncées en début de saison, suivies de séquences sèches plus courtes en fin de saison. Sur le plan hydrologique, des écoulements normaux sont attendus sur l’ensemble des bassins, à l’exception de l’extrême nord-ouest du bassin de l’Oti, où une tendance excédentaire est prévue.

Un début de saison tardif, une fin précoce

Agniga Tcha, ingénieur agro-météorologue et Chef de la Division agrométéorologie à l’ANAMET, a détaillé les enjeux de cette configuration climatique.

« Nous prévoyons un début de saison tardif. La preuve : nous sommes déjà en septembre et aucune goutte de pluie n’est encore tombée, notamment dans la région Maritime et dans certaines parties de la région des Plateaux », a-t-il expliqué, précisant que la fin de saison s’annonce également précoce : la saison démarrera lentement, mais se terminera tôt.

Des stratégies d’adaptation pour les producteurs

Face à ce calendrier resserré, l’expert a détaillé plusieurs leviers d’adaptation à activer sans délai. Il recommande en priorité de privilégier des variétés à cycle court et de pratiquer l’association de cultures, une stratégie qui limite les pertes : en cas d’échec d’une culture qui n’arrive pas à boucler son cycle, une culture associée sur la même parcelle peut, elle, arriver à terme.

Il conseille également de développer des activités génératrices de revenus en complément de l’agriculture, et d’adopter des pratiques de conservation de l’eau dans le sol, en prévision des séquences sèches plus ou moins longues attendues en début de saison. Face à ces séquences sèches, le choix de variétés résistantes au stress hydrique s’impose, tout comme celui de variétés à haut rendement, pour limiter les risques liés à une saison courte.

Sur le plan pratique, l’adaptation passe aussi par une bonne gestion de l’eau à la parcelle, la souscription à des assurances agricoles, le choix de variétés adaptées cultivées sur des surfaces appropriées, l’apport de fertilisants et un traitement phytosanitaire réalisé au bon moment.

« Nous conseillons aux producteurs de choisir des variétés à cycle court parce que, comme je le disais, nous sommes déjà en septembre et la saison va probablement se terminer début novembre. Cela ne laisse que deux mois, deux mois et demi de saison », a insisté Agniga Tcha, recommandant de privilégier les cultures dont le cycle végétatif ne dépasse pas 65 à 70 jours, plutôt que celles qui nécessitent 100 à 120 jours. « Si un producteur choisit une variété à cycle de 120 jours, la saison se terminera avant que la culture n’atteigne le stade de production ou de fructification », a-t-il averti.

Vigilance face au risque d’inondation

Les cumuls prévus étant normaux à tendance excédentaire, l’ANAMET n’exclut pas la survenue de fortes pluies pouvant provoquer des inondations, qu’elles soient fluviales ou pluviales. L’Agence appelle à des actions anticipatoires : curage des caniveaux, non-occupation des zones vulnérables ou à risque, aménagement adéquat du territoire, et mesures d’assainissement pour prévenir les maladies hydriques.

Les recommandations officielles de l’ANAMET

Le bulletin diffusé à l’occasion de cette rencontre liste une série de conseils pratiques à l’attention des producteurs, notamment anticiper la préparation des sols et semer dès les premières pluies utiles ; utiliser des variétés à cycles courts, résilientes aux déficits hydriques et à haut rendement ; éviter l’occupation des zones inondables, pour les habitations comme pour les cultures ; veiller à la gestion rationnelle des ressources en eau, pour assurer les besoins des barrages hydroélectriques et des aménagements hydro-agricoles ; prévoir l’irrigation de complément ; et promouvoir des activités génératrices de revenus, en particulier pour les femmes et les jeunes.

L’ANAMET recommande enfin de suivre régulièrement ses prévisions quotidiennes et intra-saisonnières pour affiner ces orientations tout au long de la saison. Ces informations ont été produites grâce à l’appui technique et financier du FSRP-Togo (Projet de Résilience du Système Alimentaire de l’Afrique de l’Ouest). Fin

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