
Une tribune signée par Ajay Banga, Président du Groupe de la Banque mondiale, alerte sur une transformation silencieuse mais déterminante : l’arrivée, d’ici quinze ans, de 1,2 milliard de nouveaux travailleurs dans les pays en développement. Cette dynamique démographique, souvent éclipsée par les crises immédiates, constitue selon lui l’un des défis systémiques majeurs du XXIᵉ siècle. Alors que seules 400 millions d’opportunités d’emploi devraient être créées au rythme actuel, l’écart qui se creuse menace non seulement la stabilité économique, mais aussi la sécurité internationale.
L’emploi comme enjeu de sécurité globale
Ajay Banga rappelle que la question de l’emploi n’est plus un simple dossier de développement. Elle conditionne désormais la stabilité politique, la gestion des migrations, la résilience institutionnelle et la prévention des conflits. Ignorer cette pression démographique, écrit-il, reviendrait à laisser s’installer un « feu couvant » susceptible d’alimenter tensions sociales, radicalisation et instabilité régionale. À l’inverse, investir dans les compétences et l’accès à des emplois productifs peut transformer cette jeunesse en moteur de croissance mondiale.
Une stratégie articulée autour de trois piliers structurants
Le président de la Banque mondiale détaille une approche fondée sur trois leviers complémentaires. Il s’agit notamment des infrastructures humaines et physiques caractérisées par énergie fiable, transports, éducation, santé et formation professionnelle adaptée aux besoins réels du marché. L’exemple du centre de Bhubaneswar, en Inde, illustre la capacité de telles initiatives à générer massivement des emplois qualifiés.
Il y a aussi l’environnement propice aux entreprises marqué par des règles claires, régulation prévisible et soutien aux micro, petites et moyennes entreprises, véritables moteurs de l’emploi, et enfin la montée en échelle des entreprises à travers des financements, garanties, fonds propres et réduction des risques pour permettre au secteur privé d’investir dans les secteurs à fort potentiel — énergie, agro-industrie, santé, tourisme, industrie manufacturière.
Un enjeu partagé entre pays développés et pays en développement
Ajay Banga insiste sur le caractère mutuellement bénéfique de cet investissement. Les pays en développement y gagnent en stabilité, en revenus et en perspectives pour leur jeunesse. Les pays développés, eux, y trouvent des partenaires commerciaux plus solides, des chaînes d’approvisionnement plus résilientes et une réduction des pressions migratoires et sécuritaires. Quant au secteur privé, il se trouve face à l’un des plus vastes marchés émergents de l’histoire moderne.
Agir maintenant ou subir demain
La tribune se termine sur un avertissement clair : les forces démographiques façonneront l’avenir, qu’on le veuille ou non. La seule question est de savoir si les gouvernements, les institutions financières et le secteur privé choisiront d’anticiper et d’investir, ou s’ils continueront de réagir tardivement aux crises qu’ils auraient pu prévenir. Fin
Pour ne rien manquer de l’actualité, veuillez intégrer le groupe WhatsApp via…
https://chat.whatsapp.com/BTK9Xr8h6Ax6Js3xI7xrcQ?mode=wwt
Vous pouvez aussi vous abonner gratuitement à la chaîne par le lien…