Culte/Yokoè assiégé par des bruits nocturnes: les riverains interpellent la mairie

Dans certaines communes du Grand Lomé, la lutte contre les nuisances sonores est menée avec rigueur. À l’instar du maire Kossi Aboka, connu pour son intransigeance sur ce sujet, certains édiles imposent le respect strict des normes. Mais ailleurs, la vigilance semble se relâcher. À Sagbado, dans la commune du Golfe 7, un cas récurrent illustre ce laxisme : les rassemblements religieux organisés par le Ministère International Mission Emmanuel, sur le terrain dit « The Winner », chaque lundi et jeudi de 18h30 à 22h.

Sous la direction de l’apôtre Philippe K. S. Egna-tro, ces croisades religieuses mêlant prières, évangélisation et intercessions se déroulent à grand renfort de haut-parleurs et de chants amplifiés. Le résultat : un vacarme assourdissant qui empêche les riverains de se reposer après leurs journées de travail. « Pour nos proches malades, la situation devient critique. Leur repos est perturbé », confie un habitant, sous couvert d’anonymat.

Selon plusieurs témoignages, des démarches ont été entreprises auprès des responsables de l’Église afin de trouver un compromis. Mais elles seraient restées sans suite. L’apôtre, accusé de refuser toute discussion, ferait preuve d’une intransigeance jugée arrogante par les riverains, laissant perdurer une situation qui mine la cohésion sociale du quartier.

La loi togolaise fixe pourtant des seuils précis : 70 décibels en journée et 55 décibels la nuit. Un arrêté interministériel du 20 février 2025, signé par plusieurs membres du gouvernement, encadre strictement l’émission de bruit et impose des conditions d’implantation pour les lieux de culte, ainsi que des mesures d’isolation acoustique. Les habitants estiment que ces normes sont largement dépassées lors des rassemblements.

Au-delà du responsable religieux, c’est l’attitude des autorités municipales qui suscite l’indignation. L’ancienne équipe du Golfe 7, saisie à plusieurs reprises, n’aurait pris aucune mesure concrète. « Dans la commune du maire Aboka, nous ne vivrions pas cette situation », lance un plaignant amer. Ce vide institutionnel a permis à la crise de s’enraciner, nourrissant un sentiment d’abandon.

Élue en octobre dernier, la Sénatrice-Maire Pascaline DANGBUIE hérite d’un dossier explosif. La Constitution garantit la liberté de culte, mais aussi le respect des libertés individuelles.

La nouvelle maire est désormais attendue sur sa capacité à concilier ces deux principes. Les habitants espèrent des mesures rapides : médiation, encadrement strict des activités, voire suspension des rassemblements non conformes.

Dans les rues de Yokoè, l’exaspération est palpable. « Nos enfants n’arrivent plus à étudier, certains malades ne peuvent se reposer. Nous ne sommes pas contre la religion, mais contre l’excès de bruit. Trop, c’est trop », résume une habitante. Fin

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