
La direction de la nationalité a présenté à Lomé ce mardi 31 mars, un état des lieux détaillé de la réforme de digitalisation des demandes de certificat de nationalité. Portée par le ministère de la justice et des droits humains, cette modernisation constitue l’un des chantiers majeurs de la transformation administrative engagée par l’État. La directrice de la nationalité, Mme Tchamdja-Kpatcha Kobauyah et le Responsable informatique du ministère, M. Bocco Ben ont exposé, avec transparence et précision, les avancées, les défis et les perspectives de cette réforme structurante.
Un document fondamental au cœur de la modernisation administrative
La Directrice de la nationalité a rappelé l’importance juridique et symbolique du certificat de nationalité, véritable pivot de l’identité administrative. Ce document, qui établit le lien juridique entre un individu et l’État, conditionne l’accès à d’autres pièces d’identité, aux emplois publics ou encore à la protection consulaire à l’étranger.
Elle a également rappelé les fondements légaux qui encadrent son obtention, de l’ordonnance de 1978 à la Constitution de 1992, dont les dispositions ont été reprises dans l’annexe consacrée aux droits et libertés de la Constitution du 6 mai 2024.
C’est dans cette continuité normative que s’inscrit la digitalisation des demandes, conçue pour simplifier les démarches, réduire les délais et renforcer la transparence.

Une réforme ambitieuse, entrée en vigueur en décembre 2024
La digitalisation des demandes de certificat de nationalité est pleinement opérationnelle depuis le 1er décembre 2024, après une première phase amorcée dès 2021 avec la mise en ligne des demandes de duplicata.
Selon les données présentées par le Responsable informatique, la plateforme a enregistré, au 1er mars 2026, 165 657 demandes, dont 127 791 dossiers déjà traités. Un volume inédit, rendu possible grâce au déploiement d’un réseau administratif étendu dans toutes les préfectures, désormais raccordées à la Direction de la nationalité.
La procédure est entièrement dématérialisée : dépôt en ligne, étude centralisée, notifications automatiques à chaque étape. Une architecture pensée pour fluidifier le parcours de l’usager et limiter les déplacements.

Des difficultés techniques… mais surtout comportementales
Comme toute réforme numérique, la plateforme a rencontré des obstacles. Les premiers relèvent de la disponibilité et de la stabilité de la connexion Internet, variable selon les régions. Les équipes du ministère de la Justice et du ministère de l’Économie numérique travaillent à les résorber progressivement.
Mais les difficultés les plus significatives proviennent d’un autre phénomène : le recours massif à des intermédiaires. L’analyse des données révèle que nombre de demandes ont été introduites via des centres de services Internet utilisant leurs propres comptes au lieu de ceux des citoyens.
Résultat : les notifications envoyées par la plateforme ne parviennent pas aux demandeurs, mais aux intermédiaires, qui omettent souvent de transmettre les informations.
Cette situation explique l’accumulation de dossiers en attente. On estime à 20 555 dossiers validés mais jamais déposés, 17 311 dossiers nécessitant des corrections, parfois depuis plus d’un an, et 37 866 notifications restées sans réponse.
Ces chiffres éclairent les plaintes relatives à des délais de 8 à 12 mois : dans la majorité des cas, la Direction n’a jamais reçu les dossiers physiques nécessaires à la finalisation.

Une administration mobilisée et tournée vers l’usager
Malgré ces contraintes, la Direction de la nationalité se dit pleinement engagée. Les 127 791 dossiers déjà traités démontrent l’efficacité du dispositif lorsque la procédure est suivie correctement.
La directrice a insisté sur trois points essentiels : « les citoyens doivent impérativement utiliser leurs propres comptes sur la plateforme, la Direction n’est pas un centre de dépôt et les dépôts doivent être effectués dans les centres agréés, où les pièces sont vérifiées en ligne avant transmission. »
Cette réforme prépare également la transition vers l’archivage numérique, qui permettra une conservation sécurisée et une consultation plus rapide des dossiers.

Une campagne nationale d’information annoncée
Consciente des enjeux d’appropriation, l’administration prévoit d’organiser, dans les semaines à venir, une série de rencontres dans toutes les régions du pays.
L’objectif : informer, sensibiliser et accompagner les citoyens dans l’utilisation de la plateforme, afin de garantir une mise en œuvre pleinement conforme aux attentes.
Si les défis restent réels, notamment en matière d’usage numérique et de comportements intermédiaires, les résultats obtenus témoignent d’une dynamique solide et d’une volonté affirmée de rendre l’administration plus efficace, plus transparente et plus proche des citoyens.
Cette réforme, encore jeune, ouvre la voie à une transformation durable de la relation entre l’État et l’usager — une relation fondée sur la confiance, la responsabilité et la modernité. Fin
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