OOAS : lancement de l’étude DETAMEV, nouvelle arme contre les maladies évitables

La capitale togolaise abrite, durant quatre jours, un atelier d’envergure régionale consacré au lancement officiel de l’étude DETAMEV — Déterminants des Maladies Évitables par la Vaccination — couplé à une session de suivi des projets de recherche financés par l’Organisation Ouest‑Africaine de la Santé (OOAS) et de renforcement des capacités administratives et financières des bénéficiaires. Cette rencontre scientifique et stratégique qui a démarré ce mardi 12 mai, réunit chercheurs, doctorants, institutions partenaires et responsables sanitaires venus de plusieurs pays de la CEDEAO.

Un engagement renouvelé du Togo pour la recherche en santé communautaire

Représentant la ministre en charge de la Santé, le délégué du gouvernement togolais a salué l’importance de cette initiative, soulignant la valeur ajoutée de la présence à Lomé de chercheurs engagés dans la santé communautaire.
Il a rappelé que, depuis deux ans, le Togo participe activement au programme de bourses doctorales financé par l’OOAS, mis en œuvre avec l’appui de l’association Alliens Africa.

S’adressant au Directeur général de l’OOAS, il a exprimé la gratitude du gouvernement :
« Je voudrais vous renouveler toute sa reconnaissance pour les efforts constants que vous déployez afin d’accompagner les pays dans leur quête d’une meilleure santé et d’un bien‑être durable pour les populations de l’Afrique de l’Ouest. », a-t-il affirmé.

Une alerte sanitaire majeure : la résurgence des maladies évitables par la vaccination

Dans son allocution d’ouverture, le Directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Athanase Aïssi, a dressé un constat préoccupant : la réapparition, dans l’espace CEDEAO, de maladies que l’on croyait maîtrisées — rougeole, diphtérie, poliomyélite — constitue une menace sanitaire sérieuse.

Selon lui, cette situation ne relève pas d’un simple incident médical, mais révèle des fragilités structurelles, socio‑culturelles et institutionnelles qu’il devient urgent d’analyser et de corriger.

L’étude DETAMEV, lancée à Lomé, répond précisément à cet impératif. Elle adoptera une approche qualitative et comparative entre plusieurs pays afin d’identifier les déterminants profonds de cette réémergence et de formuler des recommandations opérationnelles pour les politiques vaccinales régionales.

Des données vaccinales à revisiter avec rigueur

Le Directeur général a également insisté sur la nécessité de revoir les méthodes de collecte et d’interprétation des données vaccinales.
Il a rappelé qu’une étude menée dans une région affichait officiellement 92 % de couverture vaccinale, alors que certaines localités ne dépassaient pas 60 %.

Cette discordance, a‑t‑il souligné, doit conduire à une révision méthodologique profonde notamment l’implication accrue des communautés dans le choix des agents de santé communautaire, la responsabilisation renforcée de ces agents et la recherche de taux réels plutôt que de performances déclaratives.

Un atelier tourné vers l’action et la redevabilité

Au‑delà du lancement de l’étude DETAMEV, l’atelier vise à renforcer les capacités administratives et financières des bénéficiaires des financements de l’OOAS.
La rigueur dans la gestion des fonds, la conformité des justificatifs et la transparence des dépenses constituent, selon Dr Aïssi, des conditions essentielles pour garantir la pérennité des appuis régionaux.

Il a rappelé que les crédits accordés aux doctorants deviendront des dons définitifs dès lors qu’ils seront justifiés conformément aux procédures, soulignant que la crédibilité de la recherche régionale repose autant sur la qualité scientifique que sur la discipline administrative.

Trois objectifs structurants pour la recherche régionale

Le professeur Ibrahima Seck, responsable de la Chaire de santé publique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et vice‑président de l’association Gallien Africa, a présenté les trois objectifs majeurs de l’atelier.

Il s’agit entre autres de l’état des lieux des projets de recherche financés par l’OOAS, qu’ils soient institutionnels ou portés par les doctorants des première et deuxième cohortes, originaires du Sénégal, du Burkina Faso, du Mali, du Bénin et du Togo, du renforcement des capacités administratives et financières des bénéficiaires, afin d’assurer une gestion rigoureuse et conforme aux standards régionaux et de la valorisation des résultats de recherche, pour transformer les connaissances produites en actions concrètes et en outils d’aide à la décision pour les politiques de santé communautaire.

Les projets financés couvrent un large éventail de thématiques : paludisme, nutrition, VIH/sida, approche One Health, santé maternelle et infantile, entre autres.

Vers un réseau scientifique intergénérationnel et durable

Les quatre jours de travaux permettront également de consolider un réseau intergénérationnel de chercheurs, fondé sur le mentorat, l’entraide et la standardisation des pratiques.
Dr Aïssi a salué l’engagement des encadreurs et des professeurs, souvent retraités mais toujours mobilisés, dont l’expérience constitue un pilier essentiel de la santé publique en Afrique de l’Ouest. Fin

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