APM‑TAO : hommage aux praticiens de la médecine traditionnelle

Senam Bedi, Coordonnateur national de l’Organisation des Chercheurs et Médecins Holistiques Section Togo

Lomé a servi de cadre, ce mardi 9 juin, à une conférence de presse consacrée au lancement officiel de l’APM‑TAO, l’Award des Praticiens de la Médecine Traditionnelle de l’Afrique de l’Ouest. Devant une trentaine de médias nationaux, les organisateurs ont dévoilé les contours de cet événement inédit, destiné à célébrer et valoriser les acteurs d’un secteur qui continue d’assurer près de 80 % des besoins sanitaires des populations ouest‑africaines.

Selon Senam Bedi, Coordonnateur national de l’Organisation des Chercheurs et Médecins Holistiques Section Togo, l’APM‑TAO vise à « restituer aux praticiens la place qui est la leur », dans un contexte où les politiques de santé ont longtemps relégué la médecine traditionnelle au second plan. Or, a-t-il rappelé, ces savoirs plurimillénaires constituent un pilier essentiel de la quête de souveraineté sanitaire engagée par plusieurs États de la sous‑région.

Un événement de reconnaissance, non un concours

L’Award récompensera des praticiens justifiant d’au moins dix années d’expérience, disposant de centres de traitement reconnus ou ayant mis sur le marché des médicaments traditionnels améliorés consommés par les populations.
« Il ne s’agit pas d’un concours, mais d’un acte de reconnaissance envers ceux qui travaillent déjà sur le terrain », a-t-il insisté, soulignant l’importance de motiver et d’encourager ces acteurs souvent méconnus.

Le Burkina Faso, pays invité d’honneur

Le Burkina Faso a été désigné pays invité d’honneur, en raison de son engagement affirmé en faveur de la médecine traditionnelle et de la souveraineté sanitaire africaine. L’édition 2026 portera d’ailleurs le nom de Promotion Ibrahim Traoré, en hommage à la politique volontariste menée dans ce domaine.

Des défis juridiques et institutionnels à relever

Interrogés sur les défis du secteur, les responsables ont pointé en premier lieu la nécessité d’un cadre juridique clair définissant le statut du praticien, ses responsabilités et son rôle dans le système de santé.
Ils ont appelé à une révision des textes et à leur adoption par l’Assemblée nationale, condition indispensable pour structurer durablement la profession.

Un rendez‑vous prévu le 7 août 2026 à Lomé

L’APM‑TAO se tiendra le 7 août 2026 dans la capitale togolaise. Le programme comprendra des activités culturelles, la remise des distinctions, ainsi qu’une exposition‑vente de médicaments traditionnels améliorés provenant des quinze pays de l’Afrique de l’Ouest.

Des produits sûrs et un partenariat avec le ministère de la Santé

Les organisateurs ont assuré que les praticiens togolais disposent de produits « sûrs, parfois même plus sûrs qu’on ne le pense », regrettant leur faible visibilité.
Ils ont également confirmé l’implication directe ou indirecte du ministère de la Santé, qui supervise la division dédiée à la médecine traditionnelle et encadre l’exercice des praticiens.

Les organisateurs ont réaffirmé la détermination du comité à « porter la voix des praticiens et consacrer ceux qui œuvrent pour la santé de nos populations ».

Avec l’APM‑TAO, Lomé s’apprête ainsi à devenir, le temps d’une journée, la capitale ouest‑africaine de la médecine traditionnelle et de la valorisation des savoirs endogènes. Fin

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