
Le 3 septembre 2026 à Lomé, devant un parterre de décideurs publics, d’investisseurs et d’experts réunis pour une Conférence de haut niveau sur les contrats de partenariat public-privé, le lieutenant-colonel Idiola Sandah a livré une conviction forgée sur le terrain : un PPP ne se mesure pas à l’aune des capitaux levés, mais à sa capacité à transformer une ambition d’État en réalité industrielle. Administrateur général de l’Autorité de Coordination de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (ACP), il s’exprimait fort de l’expérience de la PIA, aujourd’hui érigée en cas d’école togolais.
Sortir le PPP de sa réputation de simple montage financier
Le partenariat public-privé souffre souvent d’une image réductrice : celle d’un artifice comptable, taillé pour des États en quête de liquidités. C’est précisément cette lecture qu’Idiola Sandah a entrepris de déconstruire devant les participants de la conférence. Selon lui, bien conçu, un PPP n’est pas une béquille budgétaire, mais un véritable accélérateur de transformation industrielle — une nuance qui, loin d’être sémantique, change radicalement la manière de concevoir, de structurer et de piloter ce type de projet.
Pour étayer son propos, l’Administrateur général n’a pas eu besoin de convoquer la théorie : la Plateforme industrielle d’Adétikopé, qu’il dirige, lui servait de démonstration grandeur nature.
Une plateforme qui a su convaincre les financiers
Née d’un partenariat entre l’État togolais et l’opérateur panafricain Arise IIP, la PIA associe dans un même écosystème infrastructures industrielles et logistiques. Le résultat le plus tangible de cette architecture reste sans doute financier : selon des sources consacrées au retour d’expérience de la plateforme, ce sont 145 millions d’euros qui ont été mobilisés, avec le concours d’Afreximbank, d’Ecobank et de BIA Togo.
Un chiffre qui, à lui seul, en dit long sur la crédibilité qu’un projet bien structuré peut inspirer aux marchés financiers. Mais pour Idiola Sandah, ce succès ne se comprend qu’à la lumière de ce qui l’a rendu possible : une vision stratégique claire, un partage maîtrisé des responsabilités entre les parties prenantes, et une coordination institutionnelle sans faille. Son intervention, loin de tout exercice de communication institutionnelle convenu, portait la marque d’une expérience résolument opérationnelle.

La complémentarité comme moteur, plutôt que la juxtaposition des moyens
Au cœur de la démonstration de l’Administrateur général figure une idée simple, mais rarement mise en pratique avec autant de rigueur : un PPP réussi ne se contente pas de mettre côte à côte des compétences publiques et privées, il les fait converger vers un objectif commun.
À l’État revient ce que lui seul peut apporter : le pouvoir de régulation, la sécurité juridique, la coordination institutionnelle et la capacité à mobiliser l’ensemble des services publics concernés. Au partenaire privé revient un autre registre de forces : le savoir-faire technique, la capacité d’investissement et la réactivité opérationnelle sur le terrain. L’expérience de la PIA illustre à merveille cette articulation : un PPP bien pensé ne cherche pas seulement des capitaux, il crée les conditions d’une véritable rencontre entre les capacités de la puissance publique et celles du secteur privé.
Un modèle pensé comme un écosystème, non comme une somme d’infrastructures
Cette philosophie de la convergence se retrouve jusque dans l’architecture physique de la plateforme. À Adétikopé, infrastructures industrielles, dispositifs logistiques, services connexes et activités de transformation ne sont pas juxtaposés au hasard des opportunités : ils sont pensés comme un tout cohérent, où production, transformation et logistique se rapprochent pour favoriser la création de valeur et l’émergence de véritables chaînes industrielles locales.
Dans cette perspective, le PPP cesse d’être un simple outil de financement pour devenir un levier au service de l’investissement productif, de la souveraineté économique et de l’ancrage industriel national. Un modèle qui, dès lors, ne se juge plus tant au montant des capitaux levés qu’à sa capacité à bâtir, dans la durée, un véritable tissu productif.
L’ACP, chef d’orchestre discret mais déterminant
Derrière ce succès industriel se dessine également le rôle, moins visible mais tout aussi décisif, de l’Autorité de Coordination de la Plateforme industrielle d’Adétikopé elle-même. Son action ne se réduit pas à l’accompagnement administratif d’un dispositif : elle veille à la fluidité des relations entre les différentes parties prenantes, et à la cohérence d’un modèle qui doit sans cesse concilier exigences publiques, impératifs industriels et performance opérationnelle.
La mission est exigeante : traduire une vision stratégique d’État en résultats concrets, visibles et mesurables sur le terrain. Pour l’ACP, la PIA constitue en quelque sorte l’épreuve du feu de cette capacité de coordination — la démonstration qu’un grand projet industriel ne tient debout que si la cohérence institutionnelle qui le porte est elle-même solide.

Une expérience appelée à essaimer
C’est lors de la troisième table ronde de la conférence, consacrée aux retours d’expérience et aux projets structurants, qu’Idiola Sandah a porté la voix de la PIA devant décideurs publics, investisseurs, experts et acteurs économiques venus des quatre coins du secteur. Sa communication, jugée structurée, pédagogique et résolument tournée vers les résultats, a su relier dans un même fil narratif vision stratégique, gouvernance, financement, coordination et exécution — les cinq maillons indissociables de la réussite d’un partenariat public-privé.
De cette intervention se dégage un message clair, qui dépasse le seul cas d’Adétikopé : la PIA n’est pas qu’une infrastructure industrielle parmi d’autres, elle constitue désormais un réservoir d’enseignements pour les futurs grands projets structurants du pays. En portant cette expérience dans les espaces de réflexion consacrés aux PPP, l’ACP entend documenter un modèle, en expliquer les ressorts, et en préciser les conditions de réplicabilité.
À Lomé, l’ACP a ainsi défendu bien plus qu’un mécanisme contractuel : elle a exposé, par la voix de son Administrateur général, une conception exigeante et résolument opérationnelle du partenariat public-privé — fondée sur la complémentarité des forces, la performance et la recherche de résultats tangibles. Une approche qui conforte l’ambition de la PIA de devenir une référence togolaise en matière de PPP, et un modèle susceptible d’inspirer, demain, d’autres projets structurants sur le continent. Fin
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