
Ce vendredi 25 septembre, la radio Taxi FM 93.1 a inauguré son nouveau siège à Hédzranawoé, dans la commune du Golfe 2. Au-delà du symbole immobilier, cet événement scelle une double refondation : une nouvelle gouvernance, avec l’arrivée de Tchagnao Arimiyao à la Direction générale, et le retour très attendu de SAS Gawou aux commandes de « Taxi Forum ». Décryptage d’une stratégie de relance qui mise autant sur l’ancrage institutionnel que sur la fidélité de son public historique.
Une adresse qui tourne la page des années difficiles
Fondée en 2015 à Agbalépédogan, Taxi FM n’a pas toujours navigué en eaux calmes. La station a dû quitter son ancien siège le 18 avril 2026, contrainte par des conditions d’installation devenues intenables. Ce passage à vide, la direction elle-même ne l’a pas éludé lors de la cérémonie d’inauguration : « Ce jour est un grand jour dans la vie de la radio Taxi FM, une radio qui revient de très loin. »
L’installation à Hédzranawoé n’est donc pas qu’une simple opération logistique. Elle marque, dans le vocabulaire même de la station, un « nouveau départ » — celui d’une entreprise de presse qui choisit de rebâtir sur des fondations plus stables, après une période de fragilité structurelle. Un choix qui, dans le paysage médiatique togolais, n’est pas anodin : la pérennité d’une radio se joue aussi, et peut-être d’abord, sur sa capacité à sécuriser son outil de production.

Une gouvernance renforcée par l’expérience
Le second pilier de cette relance porte un nom : Tchagnao Arimiyao. Ancien président du Conseil National du Patronat de la Presse (CONAPP) et directeur général du journal Nouvelle Opinion, le nouveau Directeur général de Taxi FM arrive avec un capital d’expérience et de légitimité institutionnelle rare dans le secteur.
Ce choix de gouvernance dessine une ambition claire : celle d’apporter à la station une structuration managériale digne de ses standing, portée par une figure rompue aux enjeux économiques et organisationnels de la presse togolaise, au-delà du seul savoir-faire éditorial. Placer à la tête de Taxi FM un professionnel ayant présidé l’instance patronale du secteur, plutôt qu’un pur homme de radio, traduit une volonté affichée de stabiliser durablement le modèle de la station — sur le plan financier et organisationnel autant qu’éditorial.
Le retour de SAS Gawou, ou la mémoire vivante de la station
Si le nouveau siège et la nouvelle direction posent le cadre institutionnel de cette relance, c’est bien le retour de SAS Gawou au micro qui en constitue le symbole le plus fort auprès du public. Après deux années de pause, l’animateur reprend les rênes de « Taxi Forum », diffusée de 10h à 11h30, une émission qui a longtemps constitué la marque de fabrique de la station en réunissant journalistes et intervenants autour des grands sujets de l’actualité : emploi, développement durable, politique, économie, arts et culture.
Ce retour n’est pas anodin dans la stratégie de relance : « La 93.1 renaît avec une nouvelle dynamique, portée par sa marque phare, l’émission Taxi Forum », insiste la direction. En misant sur cette figure historique plutôt que sur un renouvellement complet de son antenne, Taxi FM opère un choix stratégique révélateur : celui de capitaliser sur la fidélité et la mémoire de son audience, plutôt que de tout reconstruire ex nihilo. Une manière de concilier continuité et renouveau, en s’appuyant sur ce qui a fait la réputation de la station pour mieux porter ses ambitions futures.
Une grille de programmes repensée dans son ensemble
« Un nouveau siège appelle forcément de nouveaux services », résume la direction, qui ne limite pas sa relance au seul retour de « Taxi Forum ». L’ensemble de la programmation a été repensé pour structurer les temps forts de la journée : « Taxi en parle », animée par Hugues Attikpo de 7h à 8h, ouvre l’antenne sur l’actualité du matin ; « La Descente », portée par Alain Mouaka de 16h à 18h30, occupe le créneau de fin d’après-midi ; « Les Enfoirés », avec James Messagan de 20h à 22h, ferme la soirée ; et « Agora Football National », programmée le samedi, vient élargir l’offre vers le divertissement sportif.
Cette architecture de grille, construite autour de plusieurs rendez-vous identifiés et incarnés par des animateurs reconnus, traduit une volonté de fidéliser l’auditoire sur des créneaux horaires stratégiques, plutôt que de miser sur une seule émission phare. Une diversification qui semble penser l’avenir de la station comme un écosystème de contenus complémentaires, plutôt que comme une simple addition de programmes.
Une vision tournée vers le dialogue avec l’audience
Au-delà de l’infrastructure et de la grille, c’est un positionnement d’écoute que la direction affiche pour l’avenir. « Vos conseils et suggestions nous seront d’une grande utilité pour parfaire nos performances », a-t-elle indiqué, invitant explicitement son public à participer à la construction de cette nouvelle dynamique.
Cette ouverture n’est pas qu’une formule de circonstance : elle s’inscrit dans la continuité de l’ADN même de « Taxi Forum », émission de débat par excellence, où le dialogue entre intervenants et citoyens structure historiquement le rapport de la station à son audience. En plaçant cette logique participative au cœur de sa communication de relance, Taxi FM semble vouloir faire de l’écoute de son public un véritable outil de pilotage éditorial, et non un simple argument marketing.
Ce que cette relance dit du paysage médiatique togolais
Le cas de Taxi FM 93.1 dépasse le seul cadre d’une radio locale. Il illustre une dynamique plus large à l’œuvre dans le secteur médiatique togolais : celle de stations indépendantes qui, après avoir traversé des périodes de vulnérabilité structurelle, cherchent à se professionnaliser davantage — tant sur le plan de la gouvernance que de l’ancrage physique — pour consolider leur pérennité sur le long terme.
En misant simultanément sur une nouvelle infrastructure, une direction expérimentée, une figure historique de son antenne et une grille de programmes repensée, Taxi FM 93.1 ne se contente pas de tourner une page difficile : elle pose les jalons d’un modèle plus robuste, où stabilité institutionnelle et fidélité du public sont désormais pensées comme les deux faces indissociables d’une même ambition de croissance. Fin
Pour ne rien manquer de l’actualité, veuillez intégrer le groupe WhatsApp via…
https://chat.whatsapp.com/BTK9Xr8h6Ax6Js3xI7xrcQ?mode=wwt
Vous pouvez aussi vous abonner gratuitement à la chaîne par le lien…