OOAS, 39 ans déjà ! « nos défis ont révélé notre résilience », Dr Melchior Aïssi

Il y a des anniversaires qui se célèbrent par habitude protocolaire, et d’autres qui portent la marque d’une épreuve traversée avec constance. Celui que l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) a marqué ce 9 juillet appartient à la seconde catégorie : trente-neuf ans après sa création par les Chefs d’État de la CEDEAO, l’institution dresse le bilan d’une année particulièrement éprouvante, achevée pourtant sur une note de confiance renouvelée.

Une vision fondatrice, réaffirmée avec constance

Dans sa déclaration, le Directeur général de l’OOAS, Dr Melchior Aïssi, a tenu à rappeler l’ambition qui présidait à la naissance de l’organisation, le 9 juillet 1987 : « Faire de la solidarité régionale, un levier essentiel pour relever ensemble les défis sanitaires de notre sous-région. »

Une formule qui, près de quatre décennies plus tard, continue de structurer l’action de l’institution — preuve qu’un projet politique bien posé à l’origine peut traverser les mutations institutionnelles sans perdre sa cohérence.

La relocalisation du siège, épreuve surmontée plutôt que fragilité subie

Le passage le plus révélateur de cette déclaration concerne sans doute la manière dont le Directeur général choisit de qualifier l’année écoulée. Loin d’euphémiser les difficultés traversées, il affirme que la relocalisation du siège de l’Organisation en Côte d’Ivoire, conjuguée aux mutations intervenues au sein de l’espace communautaire, « n’a en rien entamé notre capacité d’action ».

Mieux, il retourne l’épreuve en argument, affirmant que « ces défis ont mis en évidence la résilience de notre institution, la mobilisation exemplaire de son personnel ainsi que la solidité des partenariats qui nous unissent aux États membres ».

Une rhétorique qui mérite d’être notée, tant elle traduit une volonté de transformer une contrainte logistique majeure en démonstration de robustesse institutionnelle.

Freetown, ou l’année où l’intégration sanitaire a pris corps

Au-delà des enjeux organisationnels, 2026 restera surtout marquée par les décisions prises à Freetown, lors de la 27ème Assemblée des Ministres de la Santé de la CEDEAO. Quatre instruments stratégiques y ont été adoptés : un cadre régional pour l’élimination du paludisme, la Charte de Freetown pour la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile fondée sur les données, des recommandations sur l’allaitement maternel exclusif, ainsi que des mécanismes de sécurisation du financement domestique de la santé.

Le Directeur général n’a pas hésité à qualifier ces décisions d’« historiques », y voyant la traduction concrète d’une volonté partagée de bâtir des systèmes de santé « plus résilients, plus innovants et plus équitables ».

Une reconnaissance reçue avec une humilité assumée

Fait notable, cette déclaration intervient au terme d’un mandat que le Directeur général qualifie lui-même de « riche en défis, en enseignements et en réalisations collectives ».

La confiance renouvelée par les Ministres de la Santé de la CEDEAO, il choisit de la recevoir non comme un satisfecit personnel, mais comme un hommage collectif :

 « Je considère cette reconnaissance, avant tout, comme un hommage au professionnalisme, au dévouement et à l’engagement de l’ensemble du personnel de l’OOAS. » Une posture qui, dans le registre souvent plus individualisé des déclarations institutionnelles, tranche par sa sobriété.

La quatrième décennie, un horizon semé de défis structurels

Reste que cet anniversaire ne se limite pas à un exercice de commémoration : il ouvre sur un inventaire lucide des chantiers à venir.

Sécurité sanitaire, maladies émergentes, changement climatique, transformation numérique des systèmes de santé, production pharmaceutique régionale, financement durable — la liste dressée par le Directeur général dessine les contours d’une agenda dense, dont la réalisation, selon ses propres mots, « exige plus que jamais une coopération régionale renforcée et une solidarité sans faille ».

Un socle transmis aux générations futures

La déclaration s’achève sur une note résolument tournée vers l’avenir, portée par une conviction que le Directeur général formule sans ambages : « L’avenir de notre Organisation repose sur cette capacité collective à innover, à mutualiser nos expériences et à agir ensemble au bénéfice de nos populations. »

Une manière d’inscrire ce 39ème anniversaire non comme un aboutissement, mais comme un jalon — celui d’une institution qui, après avoir traversé une année charnière, entend transmettre aux générations futures un « socle solide » sur lequel poursuivre l’œuvre d’intégration sanitaire régionale entamée en 1987. Fin

Pour ne rien manquer de l’actualité, veuillez intégrer le groupe WhatsApp via…

https://chat.whatsapp.com/BTK9Xr8h6Ax6Js3xI7xrcQ?mode=wwt

Vous pouvez aussi vous abonner gratuitement à la chaîne par le lien…

https://whatsapp.com/channel/0029VbBrdovGE56j1Aj6qm28

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *