
Du 1er au 3 juillet 2026, Abuja a été le théâtre d’une mobilisation inédite orchestrée par l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS). Pendant trois jours, quarante‑deux délégués issus de douze pays de la CEDEAO — chercheurs, praticiens, régulateurs, responsables ministériels et promoteurs de la pharmacopée — ont confronté leurs expertises autour d’un objectif commun : doter la médecine traditionnelle africaine des fondements scientifiques indispensables à son intégration pleine et entière dans les politiques de santé publique.
Une formation intensive aux standards internationaux
Au cœur des travaux, l’appropriation des référentiels internationaux a constitué l’axe majeur de l’atelier. Les participants ont été formés aux Bonnes Pratiques de Fabrication, aux Bonnes Pratiques de Laboratoire et aux Bonnes Pratiques Cliniques, socles méthodologiques permettant de produire des preuves robustes, de sécuriser les procédés et de garantir l’efficacité des traitements issus des savoirs endogènes.
Cette montée en compétence vise à aligner la médecine traditionnelle sur les exigences mondiales, condition essentielle pour renforcer sa crédibilité, favoriser son évaluation scientifique et encourager son usage dans les systèmes de santé nationaux.
Des décisions structurantes pour l’espace communautaire
À l’issue des échanges, plusieurs résolutions d’envergure ont été adoptées. Elles portent notamment sur la création d’un réseau régional de formateurs chargé de diffuser les bonnes pratiques dans les États membres, le renforcement des synergies entre médecine traditionnelle et médecine conventionnelle, afin de favoriser des parcours de soins complémentaires, la promotion de la recherche scientifique et protection des savoirs ancestraux, patrimoine immatériel essentiel des populations autochtones et la facilitation de la libre circulation des produits de médecine traditionnelle dans l’espace CEDEAO, sous réserve du respect des normes de qualité et de sécurité.
Ces orientations traduisent une volonté politique claire : harmoniser les pratiques, structurer les filières et créer un environnement réglementaire propice à l’innovation.

Immersion dans les centres d’excellence nigérians
L’atelier a également comporté une dimension pratique. Les délégués ont visité le NIPRD, institution de référence dans la valorisation scientifique des plantes médicinales, ainsi que Zee’s Pharmacy, spécialisée dans la distribution de produits issus de la pharmacopée africaine. Ces immersions ont permis d’observer, in situ, l’application des normes de contrôle, les protocoles de recherche et les exigences de qualité qui encadrent la production.
Vers une souveraineté sanitaire fondée sur les savoirs endogènes
En consolidant les compétences des acteurs et en harmonisant les pratiques, l’OOAS entend faire de la médecine traditionnelle un pilier reconnu, régulé et intégré des systèmes de santé ouest‑africains. Cette initiative marque une avancée décisive vers une souveraineté sanitaire régionale, fondée sur la valorisation des connaissances ancestrales, leur sécurisation et leur reconnaissance scientifique.
Elle ouvre la voie à une Afrique de l’Ouest capable de conjuguer héritages culturels, exigences contemporaines et innovation, au service des populations locales, des diasporas et des communautés autochtones. Fin
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