Halieutique togolaise : l’urgence d’agir

Le marché togolais du poisson révèle une vulnérabilité structurelle qui s’accentue au fil des années. En 2022, la demande nationale atteignait 105 235 tonnes, tandis que la production locale ne fournissait que 22 656 tonnes, soit 21,5 % des besoins. Le pays dépend donc à près de 78,5 % des importations pour satisfaire sa consommation. Cette tendance n’est pas nouvelle : en 2012, la demande était déjà de 86 905 tonnes, confirmant une croissance continue de la consommation face à une offre domestique qui progresse trop lentement.

L’aquaculture, une dynamique émergente mais encore limitée

Dans ce contexte de déficit chronique, l’aquaculture apparaît comme un levier prometteur. La pisciculture, quasi inexistante il y a dix ans, affiche une progression spectaculaire : 23 tonnes en 2013, 1 151 tonnes en 2022 et 1 568 tonnes en 2023, soit une hausse annuelle de 36,2 %.

Cette croissance témoigne d’un secteur jeune, en structuration, mais encore loin de combler l’écart entre l’offre et la demande.

Un secteur vital pour l’économie nationale

La filière halieutique représente 4,5 % du PIB, génère plus de 20 000 emplois directs et environ 150 000 emplois indirects. Au‑delà de son importance économique, le poisson demeure un aliment central pour les ménages togolais, influençant directement le pouvoir d’achat et la sécurité alimentaire.

Un plan d’investissement ambitieux pour 2028

Pour réduire la dépendance extérieure, les autorités ont lancé un programme d’investissement de 20,04 milliards de francs CFA à l’horizon 2028. Ce plan vise une hausse de 25 % de la production nationale, le renforcement de la transformation et de la commercialisation, une gestion durable des ressources halieutiques et une meilleure compétitivité sur le marché local.

La stratégie repose sur la modernisation des techniques de pêche, l’essor de l’aquaculture et l’amélioration de la chaîne de valeur, de la conservation à la distribution.

Un virage pour l’autonomie halieutique

Malgré les progrès, les défis restent considérables : volatilité des prix internationaux, contraintes logistiques, pression démographique — la population dépasse désormais 8,5 millions d’habitants. La réussite du plan dépendra de la mobilisation des acteurs privés, de l’attractivité des investissements et de la capacité à préserver durablement les ressources.

Entre dépendance persistante et potentiel aquacole en expansion, le Togo se trouve à un moment charnière. Si les investissements annoncés produisent les effets attendus, le pays pourrait amorcer une transition vers une autonomie relative, tout en consolidant une filière porteuse d’emplois, de croissance et de stabilité sociale. Fin

Pour ne rien manquer de l’actualité, veuillez intégrer le groupe WhatsApp via…

https://chat.whatsapp.com/BTK9Xr8h6Ax6Js3xI7xrcQ?mode=wwt

Vous pouvez aussi vous abonner gratuitement à la chaîne par le lien…

https://whatsapp.com/channel/0029VbBrdovGE56j1Aj6qm28

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *