
La filière cacao togolaise franchit un tournant historique avec l’inauguration, ce 3 juin 2026, du Centre de Traitement Post‑Récolte du Cacao d’Excellence de M´Poti, dans la commune Blitta 3. Portée par une alliance inédite entre le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC), le Département des Yvelines, l’association Unir et Agir pour le Développement (UAD) et les Chocolatiers et Pâtissiers du Monde, cette infrastructure est l’aboutissement d’un projet structurant qui ambitionne de repositionner le Togo sur la carte du cacao premium.
Un centre stratégique pour la qualité et la compétitivité
Érigé sur un hectare, le centre comprend un magasin de stockage de 5 tonnes, un hall de fermentation doté de 42 caisses, 16 tables de séchage, un bloc sanitaire et un dortoir pour les équipes techniques. Financé à hauteur de 50 000 euros (32,8 millions FCFA) par les chocolatiers français et le Département des Yvelines, il répond pleinement à l’axe 1 des Plans de Développement des Filières Café et Cacao (PDCC) : amélioration durable de la production, de la productivité et de la qualité.
Après Kessibo‑Abréwankor dans la région des Plateaux, M´Poti devient le second centre d’excellence du pays. Ensemble, ils doivent permettre au Togo de mettre sur les marchés internationaux 25 tonnes de cacao d’excellence dès la première année, renforçant ainsi l’« Origine Togo » sur les marchés de niche.









Un projet né d’une vision partagée
Pour le Secrétaire général du CCFCC, Enselme Gouthon, ce centre est l’illustration concrète d’une stratégie nationale cohérente :
« Le CCFCC s’évertue à créer un cadre favorable à l’investissement et à mobiliser les partenaires techniques et financiers. Les retombées de ce centre impacteront directement le revenu de chaque producteur impliqué. »
Le projet s’inscrit dans une dynamique engagée depuis 2021, lorsque les diagnostics préalables ont révélé à Blitta un potentiel agroécologique exceptionnel, une forte résilience des producteurs et une volonté locale d’améliorer les pratiques. Le cacao a alors été retenu comme filière pilote du programme « Clé en Main », mis en œuvre par l’UAD.
Une coopération décentralisée exemplaire
La présence de Marie‑Hélène Aubert, Vice‑présidente du Département des Yvelines, témoigne de la profondeur du partenariat franco‑togolais.
Dans son allocution, elle a salué « la première marche d’un projet plus ambitieux » et rappelé que la coopération avec le Togo est « la fierté du Département des Yvelines, citée en exemple en France comme à l’étranger ».
Elle souligne un alignement rare « des chocolatiers enthousiastes et engagés, un département financeur déjà implanté, des communes françaises partenaires, un appel à projets du Ministère français des Affaires étrangères et un ministre particulièrement attaché aux relations avec le Togo. »
Cette convergence a permis de bâtir un modèle innovant où la valeur ajoutée est relocalisée au profit des producteurs, où les jeunes sont encouragés à reprendre les plantations, et où les pratiques évoluent vers l’agroforesterie durable.
Un partenariat gagnant entre producteurs et chocolatiers
L’implication des Chocolatiers et Pâtissiers du Monde constitue l’un des piliers du projet. Leur engagement financier et technique, notamment via l’expert‑formateur Simon Bassanaga, a permis de professionnaliser les producteurs et de garantir un cacao répondant aux standards internationaux.
Pour les chocolatiers français, l’enjeu est clair : sécuriser un approvisionnement de qualité, traçable et durable. Pour les producteurs togolais, c’est la garantie d’un revenu stable, d’un marché premium et d’une reconnaissance internationale.
Un moteur de développement local
Le Maire de Blitta 3 a salué « un moment historique pour notre commune », rappelant que le centre symbolise la confiance entre partenaires, la solidarité entre territoires, la volonté de promouvoir un développement durable et l’engagement collectif en faveur des producteurs.
Il a appelé les coopératives à préserver l’infrastructure et à maintenir les standards de qualité qui permettront au cacao de Blitta d’être reconnu au‑delà des frontières.
Un avenir prometteur pour le cacao togolais
Avec M´Poti et Kessibo‑Abréwankor, le Togo se dote désormais d’un réseau d’infrastructures capables de transformer la filière cacao en un véritable levier de croissance.
Le CCFCC, les collectivités locales, les partenaires français et les producteurs ont démontré qu’une coopération bien structurée peut faire émerger un cacao d’excellence, compétitif et durable.
Comme l’a conclu la Vice‑présidente des Yvelines :
« Une formidable dynamique est née, en France comme au Togo, pour les générations futures. Vive le cacao, vive le chocolat et vive la commune de Blitta 3. » Fin
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