
Ce mercredi 2 septembre, la Foire Adjafi a consacré sa quatrième Journée des communes à un pari : celui de faire des collectivités locales de véritables moteurs de l’entrepreneuriat des jeunes. Sept municipalités — Agoè-Nyivé 1, Golfe 1, Golfe 3, Golfe 5, Golfe 6, Zio 1 et Zio 2 — sont venues exposer leurs initiatives, sous un thème sans détour : « Les communes, partenaires stratégiques des jeunes entrepreneurs pour une agro-transformation compétitive, créatrice d’emplois et orientée vers l’exportation ».
Financer, former, faciliter
Sur scène, un même constat est revenu dans presque toutes les interventions : les jeunes entrepreneurs manquent moins d’idées que de portes ouvertes — accès aux infrastructures, démarches administratives allégées, financements accessibles, partenariats solides. Pierre Yaogan Kalevi Akbabu, conseiller municipal de Zio 1, a plaidé pour des cadres adaptés : « Il faut mettre en place des structures de formation et faciliter l’accès aux institutions de financement. » Il n’a pas manqué, au passage, de tancer certains jeunes porteurs de projets, les invitant à privilégier l’investissement productif plutôt que la dépense personnelle, et regrettant un déficit d’innovation dans plusieurs initiatives présentées.
Agoè-Nyivé mise sur l’incubation
Peyebinesso Limazie, premier adjoint au maire d’Agoè-Nyivé 1, a de son côté dévoilé un projet concret : l’ouverture prochaine d’un centre communal de l’entrepreneuriat, pensé comme un incubateur pour aider les jeunes à structurer leurs activités et à lever des fonds. Pour l’élu, l’appui municipal ne se résume pas à un chèque : « Construire un incubateur est une aide concrète. Les collectivités interviennent aussi dans la formation, le déploiement d’infrastructures et la création de partenariats. »

Un soutien qui ne se lit pas toujours en FCFA
Le message est clair : même sans lignes budgétaires spectaculaires, les communes pèsent déjà sur le terrain. Infrastructures, incubateurs, programmes de formation — autant de leviers discrets mais réels, qui dessinent un accompagnement moins visible que des subventions, mais tout aussi structurant pour les filières agricoles locales.
En clôture des échanges, le modérateur Lètou Kayo a résumé l’ambition de la journée : bâtir des passerelles durables entre secteur privé et autorités locales. Interrogé sur le bilan de la rencontre, il a livré une note à la fois enthousiaste et lucide : « Nous sommes satisfaits à hauteur de 7 sur 10. » De quoi saluer le chemin parcouru, sans occulter celui qui reste à faire.
Avec cette Journée des communes, Adjafi 2026 confirme une conviction partagée par les élus locaux : l’avenir de l’entrepreneuriat togolais se jouera dans l’alliance entre jeunes porteurs de projets et collectivités territoriales — une dynamique encore en construction, mais déjà porteuse d’ambitions collectives. Fin
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