
Le ministère de l’Éducation nationale a donné jeudi 23 juillet le coup d’envoi de la révision du Plan Sectoriel de l’Éducation (PSE), document de référence qui façonne depuis 2010 les politiques et investissements du secteur. Une démarche soutenue par plusieurs partenaires techniques et financiers, dont l’UNICEF, et qui s’annonce comme un vaste exercice de concertation nationale.
Ce troisième toilettage du PSE — après ceux de 2013 et 2019 — intervient dans un environnement bien différent de celui qui prévalait il y a sept ans : recul des financements internationaux, pressions climatiques, instabilité sécuritaire au Sahel, transition démographique et numérique galopante redessinent les compétences que devront maîtriser les jeunes générations togolaises.
Présentant un bilan aux résultats contrastés, le ministre Mama Omorou a mis en avant plusieurs progrès notables : un taux de scolarisation préscolaire dépassant les 116 %, un achèvement du primaire proche de 95 %, et une percée spectaculaire de l’enseignement technique et professionnel, dont les effectifs sont passés de 30 % à 46 % des apprenants entre 2020 et 2024. La présence des filles dans le supérieur progresse également, passant de 36 % à plus de 40 % sur la même période.
Le tableau reste toutefois assombri par un recul préoccupant au premier cycle du secondaire, où le taux d’achèvement est retombé sous la barre des 62 %, ainsi que par une alphabétisation des adultes très en deçà des prévisions initiales. Le ministre a pointé du doigt les inégalités persistantes entre zones urbaines et rurales, le déficit d’infrastructures et de manuels, et une intégration encore timide du numérique dans les classes.

Pour la décennie à venir, sept chantiers prioritaires ont été esquissés : petite enfance, qualité des apprentissages, valorisation du métier enseignant, transformation numérique, sécurité scolaire, adéquation des compétences aux besoins économiques, et gouvernance par la donnée. Le futur plan s’accompagnera d’un outil de simulation financière destiné à garantir la soutenabilité des réformes.
De son côté, la Représentante résidente de l’UNICEF, Dr Erinna Corinne Dia, a salué un processus inclusif et rappelé que l’enjeu ne se limite plus à scolariser chaque enfant, mais à s’assurer qu’il apprenne réellement — à lire, raisonner et devenir un citoyen responsable. Les travaux engagés doivent déboucher sur un plan « plus réaliste, mieux ciblé et fondé sur des données probantes », appelé à guider l’école togolaise jusqu’en 2036. Fin
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