





Le Togo a officialisé l’exploitation du centre de traitement post‑récolte de Kessibo‑Abréwankor (Badou, 248 km au Nord-Ouest de Lomé), ce samedi 22 mai dans la préfecture de Wawa, en présence du ministre de l’économie et de la veille stratégique, Badanam Patoki de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que des autorités administratives, politiques, locales, des partenaires internationaux de la France, du Cameroun et de la Côte d’Ivoire, des têtes couronnées, des producteurs et acteurs locaux de la chaine de valeurs. Cette initiative, portée par le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC), place les producteurs au cœur d’une stratégie nationale qui vise à transformer la réputation du pays en producteur de qualité vers un statut de producteur d’excellence.

Enselme Gouthon, Secrétaire général du CCFCC a rappelé que cette démarche s’inscrit dans la continuité du Plan national de développement (PND) initié par le gouvernement togolais. L’axe 2 de ce plan a ouvert la voie à la création du PNDCC – Plan national de développement du café et du cacao, qui met la qualité au centre de la stratégie.
« Notre production est modeste, mais elle doit refléter la dimension de notre pays. Pour s’affirmer sur le marché, tant local qu’international, il fallait miser sur la qualité », a souligné M. Gouthon.
Inspiré par l’expérience du Cameroun, le Togo a choisi d’aller plus loin en créant un centre d’excellence post‑récolte, destiné à garantir une qualité supérieure et durable. L’objectif est clair : faire du Togo une destination de référence internationale pour le cacao fin et d’excellence.
Le choix d’implanter ce centre en milieu rural, dans la préfecture de Wawa, n’est pas anodin. C’est là que vivent et travaillent les producteurs, véritables piliers de la filière. Le centre leur offre un environnement adapté, améliore leur cadre de vie et renforce leur reconnaissance nationale et internationale.
La traçabilité est au cœur du dispositif : chaque producteur est identifié, chaque lot suivi séparément jusqu’au consommateur final. Cette transparence garantit que chacun perçoit directement le fruit de son travail, redonnant confiance et motivation aux paysans souvent découragés par la dilution de leurs efforts dans la production globale.

Présent pour la circonstance, le Directeur Exécutif de l’Organisation internationale du cacao (ICCO), Michel Arrion venu d’Abidjan, a rappelé l’importance de replacer les producteurs au cœur des débats mondiaux.
« Trop souvent, les grandes conférences internationales évoquent la durabilité, la déforestation ou le travail des enfants, mais oublient l’essentiel : sans cacao, pas de chocolat, et sans petits producteurs, pas de cacao », a‑t‑il déclaré.
Il s’est réjoui de voir le Togo adopter une stratégie axée sur la qualité, dans une région qui concentre plus des deux tiers de la production mondiale de cacao. Pour un pays qui ne représente qu’environ 1 % de cette production, la différenciation par l’excellence est une voie stratégique et prometteuse.






Sur 1,37 hectare, le centre se distingue par une infrastructure complète et moderne d’un entrepôt de 25 tonnes, un hall de fermentation de 78 m², cinq tunnels de séchage, des dortoirs, un bloc sanitaire, un vestiaire, ainsi qu’un système d’adduction d’eau potable et une alimentation solaire. Pour assurer la collecte dans les treize villages desservis, des motos et tricycles viennent compléter le dispositif.
L’ouvrage est financé sur fonds propres du CCFCC à hauteur de 160 millions de francs CFA. Inspiré des modèles camerounais, ce projet pilote vise haut : produire dès la première campagne 100 tonnes de cacao premium destinées aux marchés de niche, où les prix dépassent largement ceux du circuit classique.
Il est appelé à être reproduit dans d’autres localités notamment Blitta et Agou, afin de bâtir progressivement une filière nationale de cacao d’excellence. Au‑delà du cacao, cette démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de positionnement du Togo comme pays de qualité dans ses filières agricoles. Les producteurs togolais récemment récompensés à Amsterdam pour leur cacao d’exception incarnent déjà cette ambition et doivent inspirer une émulation collective.


Avec ce centre d’excellence, le Togo affirme sa volonté de bâtir une filière durable, compétitive et respectueuse des producteurs. L’avenir du cacao togolais se dessine ainsi autour de trois piliers : le mieux‑être des producteurs, l’excellence des produits et la durabilité des pratiques. Fin