Evala 2026: à Pya, l’industrie togolaise s’invite dans l’arène

Idiola Sandah, Administrateur général de la PIA

Sur le terrain de lutte du canton de Pya, entre les cris de la foule et les gestes séculaires des jeunes lutteurs kabyè, un acteur inattendu a pris place lors de la grande finale des Evala : la Plateforme Industrielle d’Adétikopé (PIA). En s’associant à ce rendez-vous culturel majeur, le pôle industriel n’a pas seulement assisté à une célébration sportive — il a affirmé, par sa présence, une certaine idée de ce que peut être l’industrialisation togolaise : ancrée dans le territoire, respectueuse de son histoire, et fière de le montrer.

Un rite, bien plus qu’un sport

Les Evala ne se laissent pas réduire à une compétition physique. Rite initiatique de la jeunesse kabyè, ils portent en eux le courage, la discipline, le dépassement de soi et la cohésion communautaire — des valeurs que la lutte transmet de génération en génération, bien au-delà du terrain. C’est précisément cette dimension symbolique que la PIA a choisi d’investir, comme pour signifier que la modernisation économique du pays ne se construit pas contre ses traditions, mais avec elles.

Le geste d’un administrateur, la vitrine d’un savoir-faire

Le moment le plus parlant de cette participation aura été celui du geste de l’Administrateur général de la PIA, Idiola Sandah, remettant sur place plusieurs produits issus des unités industrielles d’Adétikopé. Un geste simple en apparence, mais lourd de sens : il donnait à voir, au cœur même d’une célébration identitaire, la réalité tangible d’un « Made in Togo » en pleine affirmation. Les produits présentés ne relevaient pas de la démonstration protocolaire ; ils témoignaient d’une montée en puissance industrielle désormais capable de se mesurer aux exigences des marchés régionaux.

Deux héritages, une même ambition

Ce qui se joue à Pya dépasse la seule communication institutionnelle. Dans un pays où la mondialisation impose ses propres codes de compétitivité, le Togo cherche à préserver ce qui le singularise — ses traditions, sa mémoire collective — tout en s’ouvrant pleinement aux dynamiques économiques contemporaines. La PIA incarne, à sa manière, cette tension féconde : celle d’une industrialisation qui ne renie rien de l’héritage culturel du pays, mais s’en nourrit pour construire sa légitimité.

En ce sens, la présence de la plateforme aux Evala illustre une conviction plus large portée par les autorités togolaises : une industrialisation inclusive, capable de fédérer les populations autour d’un même projet de prospérité, plutôt que de s’ériger en corps étranger au territoire qu’elle transforme.

Un pont entre deux mondes

À Pya, la Plateforme Industrielle d’Adétikopé aura ainsi tracé, l’espace d’une finale, la ligne d’un projet plus vaste : celui d’un Togo qui refuse de choisir entre la force de ses traditions et l’élan de son industrialisation, et qui fait de cette complémentarité même la source de sa singularité dans la compétition régionale. Fin

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