OOAS: les jalons d’une science de la santé partagée posés à Lomé

Du 14 au 18 juillet 2026, la capitale togolaise aura accueilli un atelier charnière dans la construction d’une véritable architecture régionale du savoir sanitaire. Sous l’égide de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), archivistes, documentalistes et spécialistes de l’information sanitaire venus de l’ensemble de l’espace CEDEAO se sont réunis pour donner corps au Réseau Ouest Africain de Documentation et d’Information Sanitaires (ROADIS) et former, en leur sein, la première génération de formateurs appelés à en assurer le déploiement.

Faire de la donnée sanitaire un bien commun régional

L’enjeu, à première vue documentaire, touche en réalité au cœur même de la souveraineté sanitaire du continent : celui de la maîtrise et de la circulation du savoir scientifique produit en Afrique de l’Ouest. Trop longtemps dispersée, mal indexée ou peu accessible, la production documentaire en santé de la région trouve désormais, avec la nouvelle Base de Données Commune du ROADIS, bâtie sur la plateforme DSpace, un instrument à la mesure de son ambition.

Les participants s’y sont formés aux techniques d’harmonisation documentaire, aux normes de métadonnées, à l’indexation et à l’interopérabilité — autant de disciplines discrètes mais déterminantes, sans lesquelles aucune mutualisation régionale ne saurait tenir. Une place de choix a également été réservée à l’exploration des potentialités qu’offrent le numérique et l’intelligence artificielle pour accroître la visibilité et l’accessibilité de la recherche scientifique produite dans l’espace communautaire.

Une gouvernance rénovée pour un réseau appelé à durer

Au-delà de la seule dimension technique, l’atelier de Lomé aura également été celui d’une refondation institutionnelle. Les statuts et le règlement intérieur du ROADIS, révisés et désormais adoptés, dotent le réseau d’un cadre juridique consolidé. Un groupe régional de formateurs a été constitué, tandis qu’une feuille de route a été élaborée pour accélérer le déploiement de la Base de Données Commune au sein des États membres.

Les recommandations issues des travaux plaident, dans le même esprit, pour l’émergence de politiques régionales de science ouverte, pour un renforcement soutenu des capacités des professionnels de l’information sanitaire, et pour une meilleure valorisation de la recherche produite sur le continent — trois exigences appelées à structurer les prochaines étapes du réseau.

Une infrastructure au service de la décision sanitaire

Les démonstrations pratiques du portail ROADIS et de la plateforme DSpace, organisées en clôture des travaux, ont donné à voir, très concrètement, la manière dont les institutions membres pourront désormais partager leurs ressources documentaires au sein d’une infrastructure régionale commune — condition d’une circulation plus fluide des connaissances scientifiques et d’une coopération renforcée entre les pays de la CEDEAO.

En réaffirmant, à l’issue de cette rencontre, son engagement à accompagner les États membres dans le déploiement de cet outil et dans la promotion de la science ouverte, l’OOAS trace la voie d’une ambition qui dépasse le seul cadre documentaire : celle de systèmes de santé ouest-africains désormais fondés sur des données probantes, mutualisées et pleinement maîtrisées par la région elle-même. Fin

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