Evala 2026 : à Yadè, Faure Gnassingbé assiste au sacre de Yadè-Bas

Sous les vibrations sourdes de l’Akrima, Yadè a livré, ce mardi 14 juillet, l’une des pages les plus intenses de cette édition 2026 des Evala. Opposant les coalitions de Yadè-Haut et de Yadè-Bas, la grande finale du canton s’est déroulée devant un parterre exceptionnel, réunissant le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, et le Président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou — signe que ce rendez-vous dépassait, cette année encore, le seul cadre local.

Il faut, pour saisir la portée de cette confrontation, comprendre la singularité qui distingue Yadè des autres cantons kabyè. Ici, la tradition impose un déroulement à rebours de la chronologie ordinaire : les lutteurs de troisième année ouvrent le bal, suivis de ceux de deuxième année, avant que les cadets de première ne referment la marche. Ces derniers, les plus jeunes initiés, ne foulent l’arène qu’au terme d’une préparation entamée plusieurs mois auparavant, dès la période de chasse — moment où s’opère la sélection des futurs combattants. S’ensuit un parcours rythmé par des rites ancestraux, dont la consommation de viande de chien, symbole de courage et d’endurance transmis de génération en génération, avant l’aboutissement de juillet.

Mais c’est peut-être l’Akrima qui confère à Yadè son identité la plus singulière. Ce tam-tam légendaire, né en 1965, ne résonne qu’à l’occasion des Evala — une réserve qui en fait, chaque année, un événement en soi. Loin d’un simple accompagnement rythmique, il agit comme une source d’énergie spirituelle : à chaque battement, les lutteurs semblent puiser un supplément de force, tandis que la peur se dissipe et que l’arène s’électrise. Conjugué aux chants des femmes et aux clameurs de la foule, l’instrument transforme le terrain cantonal en un véritable théâtre de bravoure, où chaque prise devient un fragment de récit collectif.

C’est dans cette ambiance survoltée que les deux coalitions se sont affrontées avec une intensité rare, multipliant les démonstrations de puissance et de technique jusqu’à l’épuisement du suspense. Au terme d’une lutte acharnée, Yadè-Bas a fini par s’imposer, décrochant le titre de champion des Evala 2026 avec 17 victoires contre 13 pour son rival — une victoire arrachée de haute lutte, appelée à s’inscrire durablement dans la mémoire du canton. Chez les Ahozas, en revanche, aucun renversement n’est venu troubler l’ordre établi : Yadè-Haut y a conservé une domination sans partage, s’imposant 5 victoires à 0.

Cette apothéose à Yadè a précédé, dans le canton voisin de Pya, les quarts de finale opposant les Evala d’Akéi-Lao à ceux de Kioudè-Gnama — rencontres elles aussi suivies avec attention par le Président du Conseil, dont la présence continue, tout au long de cette édition, de conférer aux Evala une résonance qui dépasse le cadre du seul rite initiatique pour toucher à la reconnaissance nationale d’un patrimoine culturel cher au peuple kabyè. Fin

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