N’Djamena : Klassou porte la voix du Togo au grand rendez-vous africain de l’eau

Il est des chiffres qui, à eux seuls, disent l’urgence d’un continent : plus de 400 millions d’Africains sans accès à l’eau potable de base, plus de 700 millions dépourvus d’assainissement élémentaire. C’est cette réalité, aussi têtue que préoccupante, que le Forum africain de l’eau, ouvert ce mercredi 15 juillet à N’Djamena, entend transformer en agenda d’action concrète, sous un thème qui résume à lui seul l’ambition de la rencontre : « De la vision à l’action ».

Une mobilisation continentale de haut niveau

Coorganisé par le Gouvernement tchadien et le Groupe de la Banque mondiale, dans le cadre de l’initiative « Water Forward », ce Forum rassemble plusieurs chefs d’État et de gouvernement autour d’un objectif commun : accélérer les investissements et les réformes nécessaires pour garantir un accès durable à l’eau et à l’assainissement sur le continent. Le Togo y était représenté par le Président de l’Assemblée nationale, Prof. Komi Selom Klassou, mandaté par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, aux côtés d’orateurs de premier plan — le Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le Président congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et le Président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema.

Le diagnostic tchadien : un problème d’investissement, non de ressource

C’est sans doute le Président tchadien, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, qui a posé le diagnostic le plus tranchant de cette première journée : le continent africain, a-t-il affirmé, ne manque pas d’eau, mais d’investissements adéquats pour exploiter ses ressources hydriques. Un constat qu’il a traduit en acte, en présentant le pacte national tchadien pour l’eau, doté de 3,8 milliards de dollars d’investissements programmés sur cinq ans — une manière, pour le pays hôte, de joindre l’exemple au discours.

Le Togo, une ambition chiffrée à l’horizon 2031

La participation togolaise à ce Forum ne relève pas de la simple présence protocolaire. Elle traduit un engagement structurel amorcé depuis plusieurs années sous le leadership du Président du Conseil, avec pour horizon la Vision Togo 2040, la feuille de route gouvernementale 2026-2031 et l’Objectif de développement durable n°6 relatif à l’eau. Cet engagement trouve sa traduction la plus concrète dans l’élaboration du Pacte national pour l’eau 2026-2031, qui prévoit la mobilisation de 1 756 milliards de FCFA d’investissements, avec une double ambition : porter le taux d’accès à l’eau potable à 100 % et éliminer totalement la défécation à l’air libre d’ici 2031.

Des réformes structurelles pour soutenir l’ambition

Ce pacte ne se limite pas à un objectif chiffré : il repose sur un ensemble de réformes destinées à en garantir la viabilité. Modernisation de la gouvernance sectorielle, renforcement de la régulation économique, amélioration de la viabilité financière des services d’eau, professionnalisation des services en milieu rural, développement des partenariats public-privé, gestion intégrée des ressources hydriques et renforcement de la coopération sur les bassins transfrontaliers : autant de leviers qui, mis bout à bout, dessinent une stratégie moins centrée sur l’annonce d’investissements que sur la transformation profonde du secteur. Le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, prenait d’ailleurs part aux travaux de N’Djamena, confirmant l’implication technique du Togo aux côtés de sa représentation politique.

L’eau, levier de résilience et de cohésion sociale

Au-delà des seuls indicateurs d’accès, le Togo affiche à travers cette initiative une ambition plus large : faire de l’eau un véritable moteur de résilience climatique, de prospérité partagée et de cohésion sociale. Une approche qui rejoint la philosophie même du Forum de N’Djamena, où la sécurité hydrique n’est plus envisagée comme un enjeu sectoriel isolé, mais comme une condition transversale de la transformation économique et sociale du continent — un impératif à la fois moral et économique, selon les mots mêmes des organisateurs, qui appellent à une action coordonnée entre gouvernements, partenaires au développement, secteur privé et communautés.

Des engagements à transformer en actions vérifiables

Reste, comme pour toute grande rencontre continentale de ce type, la question de la traduction effective de ces engagements en résultats mesurables. Le thème même du Forum — passer de la vision à l’action — invite à une vigilance particulière quant au suivi des pactes nationaux annoncés à N’Djamena, qu’il s’agisse de celui du Tchad ou de celui du Togo. C’est à cette aune, plus qu’à celle des discours prononcés lors de cette première journée, que se mesurera la portée réelle de ce rendez-vous africain pour l’eau. Fin

Pour ne rien manquer de l’actualité, veuillez intégrer le groupe WhatsApp via…

https://chat.whatsapp.com/BTK9Xr8h6Ax6Js3xI7xrcQ?mode=wwt

Vous pouvez aussi vous abonner gratuitement à la chaîne par le lien…

https://whatsapp.com/channel/0029VbBrdovGE56j1Aj6qm28

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *