PIHC 2026 : pédiatre, bâtisseuse, humanitaire et douanier honorés

Ce samedi 31 octobre, la grande salle du CIREL, au Village du Bénin de l’Université de Lomé, a accueilli la cérémonie internationale de graduation honorifique du Programme International Honoris Causa (PIHC), édition 2026. Porté par l’Agence internationale pour les Formations et le Développement (AIFD), le programme a réuni le Togo, le Mali, le Cameroun, la République démocratique du Congo et la diaspora africaine de France autour d’une conviction : l’excellence n’a pas de frontière et mérite d’être reconnue là où elle se construit, souvent loin des projecteurs.

Le cérémonial a été officié par le Président de l’AIFD, Chancelier du PIHC, le Pr h.c. Solim Bamaze. Il était assisté de l’Hon. Prof. h.c. Molgah Kadjaka-Abougnima, Présidente d’honneur des cérémonies, du Dr h.c. Komi Dovi Koudou, Doyen Lauréat du Conseil supérieur des distinctions honorifiques (CSDH), et de M. Wiyaou Tchindé, Maître des Délibérations.

La cérémonie marquait la reprise d’un programme dont la première édition internationale, en 2021, avait distingué dix lauréats avant une pause institutionnelle. Cette année, près d’une centaine de candidatures ont été reçues, dont soixante-cinq présélectionnées. Les organisateurs distinguent toutefois ces chiffres du nombre de personnes effectivement graduées, qui dépend de la décision des universités partenaires.

Prof Solim Bamaze, Chancelier du PIHC

Un cadre posé sans ambiguïté

Le PIHC n’est pas une université et ne délivre aucun diplôme. Il identifie les profils, évalue les dossiers et recommande. Chaque établissement partenaire décide ensuite souverainement. Le réseau compte aujourd’hui cinq institutions universitaires partenaires actives, en Amérique, en Europe et ailleurs.

Une distinction honorifique reconnaît un parcours. Elle ne remplace pas un diplôme académique et ne confère aucun droit d’exercer une profession réglementée. « Notre ambition n’est pas de multiplier les titres, mais de faire émerger des références », a résumé le Chancelier.

Quatre parcours, quatre domaines

La diversité des lauréats est présentée comme la première richesse de l’édition. « Cette diversité est une grande richesse pour le PIHC. Elle montre que l’excellence se manifeste dans tous les domaines où des femmes et des hommes apportent des réponses aux besoins de leur société », a déclaré Pr Solim Bamaze.

Les parcours mis en avant le montrent. Le Dr Abizou Tchalim, pédiatre formé à l’allergologie, a consacré plus de vingt ans à la santé de l’enfant et de la mère, de Kara à Mandouri puis à Lomé. Il a aussi dirigé une enquête sur l’asthme auprès de mille écoliers dans quinze cantons de la Kozah, et fondé l’ONG Medical Challenges Togo. Il est distingué Professeur honoris causa en pédiatrie, allergologie et santé de la mère et de l’enfant.

Amma Kumahor, partie du secrétariat bilingue, dirige l’entreprise de BTP HELSS SA, qui a réalisé des marchés couverts, des établissements d’enseignement technique et un stade de 2 000 places à Notsé. Elle est aussi facilitatrice accréditée du programme BRIDGE. Une double graduation, Docteur puis Professeur honoris causa, reconnaît séparément ce qu’elle a construit et ce qu’elle transmet.

Dorian Pekeko Tetang, politiste camerounais, a consacré plus de dix ans à l’action humanitaire, dans des camps de réfugiés de l’Est et de l’Extrême-Nord du Cameroun et à la frontière centrafricaine. Il est distingué Professeur honoris causa en droit humanitaire et science politique.

Kodzo Tata Amegan Kpedzroku, déclarant en douane et dirigeant d’une société de transit, forme aussi de jeunes professionnels et préside des clubs de football dans sa communauté. Il reçoit le titre de Docteur honoris causa en administration des affaires et conseil douanier.

Des collaborations à faire vivre

Pour le Chancelier, cette rencontre ouvre des possibilités de collaboration entre des acteurs qui évoluent habituellement dans des milieux différents. Un entrepreneur peut soutenir une initiative éducative, un juriste accompagner une association, un universitaire partager son expertise avec des praticiens. « C’est cette complémentarité que nous souhaitons faire vivre au-delà de la cérémonie », a-t-il précisé.

Aux jeunes, ces parcours doivent rendre la réussite plus concrète. Quant aux lauréats, la reconnaissance leur confère une responsabilité morale : transmettre leur expérience, accompagner d’autres talents et poursuivre leur engagement. « Pour nous, la portée de cette journée se mesurera aussi à ce que les lauréats feront ensuite au bénéfice de leurs communautés », a ajouté Pr Bamaze.

Prof Kadjaka-Abougnima Molgah, Présidente d’honneur des cérémonies du PIHC

Une gouvernance renforcée

La cérémonie avait aussi une dimension de structuration. Quatre lauréats ont été installés au sein du CSDH, l’organe qui examine les candidatures et délibère. Abizou Tchalim devient Gardien de la Charte et des Valeurs, Amma Kumahor Déléguée au Rayonnement et à l’Influence, Dorian Pekeko Tetang Haut Coordonnateur des Distinctions et Kodzo Tata Amegan Kpedzroku Délégué aux Parcours d’exception.

Dans leur remerciement collectif, les lauréats se sont engagés à devenir des ambassadeurs crédibles du programme et ont rappelé qu’une distinction n’est pas un point d’arrivée.

Une ambition panafricaine

La présence de plusieurs nations encourage les organisateurs à poursuivre dans cette voie. « Notre conviction est que l’Afrique possède, dans chacun de ses pays, des femmes et des hommes dont l’action mérite d’être connue et dont l’expérience mérite d’être transmise », a affirmé le Chancelier.

L’AIFD envisage d’abord un réseau d’ambassadeurs du PIHC dans les pays, recrutés notamment parmi les lauréats, pour repérer des parcours remarquables et mobiliser des partenaires locaux. Elle veut aussi renforcer ses liens avec les institutions universitaires partenaires, les organisations professionnelles et la société civile, puis animer ce réseau par des rencontres, des formations, du mentorat et des échanges d’expériences. À terme, des cérémonies pourraient se tenir dans différents pays africains, en rotation, selon les partenariats et les capacités d’organisation.

Cette expansion devra, insistent les responsables, préserver l’exigence d’examen des candidatures et la clarté des rôles : le PIHC recommande, les universités décident. « Nous voulons ainsi construire, étape par étape, un réseau africain de personnalités qui inspirent et qui agissent. » Fin

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