Togo/ JSPS-1 : le privé, clé de voûte de l’assurance maladie

Lomé a accueilli, ce jeudi 16 avril, un événement fondateur pour l’avenir du système de santé national : les premières Journées du Secteur Privé de la Santé (JSPS). Ouvertes par le ministre en charge de la santé, Jean-Marie Tessi, ces journées qui se tiennent durant deux jours réunissent autorités publiques, acteurs privés, partenaires techniques et financiers, autour d’un objectif commun : consolider le rôle du secteur privé dans la mise en œuvre de l’Assurance Maladie Universelle (AMU).

Un contexte national marqué par une ambition politique forte

L’AMU, entrée en phase opérationnelle en janvier 2024, constitue l’un des chantiers majeurs de la feuille de route gouvernementale. Le ministre a rappelé que cette réforme est portée par le gouvernement togolais qui veut garantir à chaque citoyen un accès équitable et continu aux soins.

Il a insisté sur une ambition sociétale profonde : « léguer à nos enfants et à nos petits-enfants un dispositif dans lequel il n’est pas nécessaire de connaître qui est notre patient à l’hôpital avant de s’en occuper parfaitement ».

Le secteur privé : un acteur incontournable, désormais structuré et mobilisé

Le président de la Plateforme du Secteur Privé de la Santé (PSPS-Togo), Dr Innocent Kpéto, a rappelé le poids réel du privé dans l’offre nationale : plus de 60 % des services de soins et 80 % des produits et technologies de santé proviennent de ce secteur, selon une étude du ministère de la Santé citée dans son discours.

Il a également retracé l’histoire de la PSPS-Togo, née en 2015 dans une dynamique régionale soutenue par l’USAID et la Banque mondiale, et aujourd’hui membre active de la Fédération Ouest-Africaine des Plateformes du Secteur Privé de la Santé (FOASPS).

Dans son intervention, il a souligné la portée symbolique de cette première édition, organisée dans un lieu chargé d’histoire : « C’est en effet cet hôtel qui accueillit les invités de marque des pères de l’indépendance du Togo en 1960 ».

Des défis reconnus, une volonté d’assainissement affirmée

Les deux discours convergent sur un point essentiel : la nécessité d’assainir et de professionnaliser davantage le secteur privé.

Le président de la PSPS-Togo a reconnu sans détour : « Au sein de notre secteur, il y a beaucoup de problèmes. Des structures hors normes, fonctionnant même des fois sans autorisation, des pratiques illégales et dangereuses… »

Il a salué l’initiative du ministère visant à lutter contre la prolifération des structures illégales et plaidé pour une cartographie nationale, une labellisation et un processus d’accréditation des formations sanitaires.

Un partenariat public-privé désormais stratégique

Le ministre a rappelé que la réussite de l’AMU « ne saurait reposer sur la seule action de l’État ».
Il a appelé à une mobilisation collective autour de l’éthique, de la qualité et de l’excellence, soulignant la contribution déjà significative du privé dans la lutte contre la Covid-19 et dans l’expansion de l’offre de soins.

De son côté, la PSPS-Togo a insisté sur la nécessité de soutenir les entreprises de santé, véritables acteurs économiques : employeurs, investisseurs, contributeurs fiscaux et maillons essentiels de la chaîne logistique des produits de santé.

Données, redevabilité et résilience : les nouveaux chantiers

La question de la production et du partage des données de santé a été largement évoquée.
Le président de la PSPS-Togo a rappelé que les acteurs privés exercent « des missions déléguées de service public » et sont donc redevables au système. Une note conceptuelle est en préparation pour proposer une approche nationale de collecte des données privées.

Par ailleurs, les deux parties ont insisté sur la nécessité de renforcer la résilience du système face aux défis émergents, notamment ceux liés aux changements climatiques et aux risques épidémiques.

Une vision commune, faire du Togo un modèle africain de l’AMU

L’un des passages les plus marquants du discours du président de la PSPS-Togo résume l’ambition collective : « Notre prochain défi est de faire de Lomé la capitale de l’Assurance Maladie Universelle en Afrique. »

Une vision audacieuse, mais cohérente avec la dynamique actuelle, marquée par des investissements publics massifs, une mobilisation croissante du secteur privé et un engagement fort des partenaires techniques et financiers.

Un moment fondateur pour la santé togolaise

Ces premières Journées du Secteur Privé de la Santé posent les bases d’un partenariat renouvelé, structuré et orienté vers les résultats, au service d’un objectif national majeur : faire de l’Assurance Maladie Universelle une réalité tangible pour chaque Togolais.

Le ministre a conclu en appelant à transformer ces journées en engagements concrets : « L’enjeu n’est pas de débattre seulement, mais d’agir avec détermination. » Un message qui résonne comme une feuille de route pour les années à venir. Fin

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