Rugby: Lion RC relance sa saison et tisse des ponts inattendus avec le taekwondo

Après une parenthèse marquée par la sélection nationale, Lion Rugby Club de Lomé a repris ses activités par un double événement : un match amical face au club BWO, et une séance d’initiation croisée avec un club de taekwondo partenaire. Une soirée qui a révélé, au-delà du simple exercice sportif, des convergences de valeurs que peu auraient anticipées entre ces deux disciplines.

Une reprise dictée par le calendrier de l’équipe nationale

La trêve du club s’explique d’abord par un motif heureux : plusieurs joueurs de Lion Rugby Club ont représenté le Togo lors du tournoi de Bamako, sous les couleurs de l’équipe nationale. Une parenthèse qui a toutefois marqué un coup d’arrêt dans les activités du club, tous les joueurs n’ayant pas été retenus pour cette sélection.

Pour Ange Yom Baoudabi Adjola, Président de Lion RC, il fallait donc relancer la dynamique collective — chose faite à travers un match amical contre le club BWO, remporté par les Lions sur le score de 8-0.

« Au-delà du simple résultat sportif, cette rencontre a surtout permis aux joueurs non sélectionnés de se remettre en jambes et de démontrer, sur le terrain, qu’ils avaient toute leur place dans l’effectif national. Une manière, pour le club, de transformer une déception collective en occasion de rebond individuel. », a-t-il confié.

Taekwondo et rugby : des valeurs qui se rejoignent

L’autre temps fort de la soirée a pris une tournure inattendue. Le Lion Rugby Club entretient en effet un partenariat original avec un club de taekwondo, venu ce soir-là découvrir les rudiments du ballon ovale. L’initiation, prévue comme un simple échange, a rapidement pris une autre dimension : les organisateurs ont dû interrompre leur propre match pour laisser les taekwondoïstes s’essayer eux-mêmes au rugby, ces derniers réclamant de prolonger l’expérience une fois l’initiation terminée.

« Cet engouement n’a rien d’un hasard. Rugby et taekwondo partagent, un socle de valeurs communes — discipline, dépassement de soi, esprit de groupe — qui explique la facilité avec laquelle les pratiquants de l’un se sont appropriés les codes de l’autre. Ce rapprochement ne s’arrêtera d’ailleurs pas là : les rugbymen du club sont à leur tour attendus lors d’une prochaine séance, pour découvrir cette fois les techniques du taekwondo dans le cadre de leurs partenaires. », a réitéré Ange Adjola.

Une découverte fortement appréciée par les taekwon‑doins, qui s’en sont donnés à cœur joie à la balle ovale.
« 
On a découvert que le rugby n’est pas seulement un sport violent comme les gens tendent à le percevoir de loin, mais c’est vraiment un sport qui enseigne le partage, l’esprit d’équipe. un enfant habitué à préserver le ballon pour le transmettre à un coéquipier développera, selon lui, un rapport différent au bien commun une fois adulte — qu’il s’agisse d’un bâtiment ou d’une administration à gérer. Les règles parfois contre-intuitives du rugby, comme l’interdiction de passer le ballon vers l’avant, ont également nourri chez les enfants un exercice de réflexion et d’adaptation, loin des repères habituels du dojo. », a confié Maitre Djondo Jean Médard, responsable du club IOF Taekwondo et initiateur du programme VTE dans le cadre duquel cette tenue cette initiative.

Une ambition internationale assumée

Cette dynamique d’ouverture s’accompagne d’une ambition plus large sur le plan sportif. Le Lion Rugby Club entretient également un partenariat international avec deux clubs béninois — les Margouillats Percuteurs, déjà partenaires l’an dernier, rejoints cette saison par l’UAC, l’Union de l’Université d’Abomey-Calavi.

Dès le week-end prochain, les trois quarts de l’effectif loméen s’envoleront pour prendre part au championnat béninois, confirmant la dimension régionale que le club entend donner à son projet sportif.

Pour ses dirigeants, l’objectif dépasse la seule performance ponctuelle : il s’agit avant tout de donner aux acteurs eux-mêmes le goût du rugby, puis de transmettre cette passion à un public plus large. À plus long terme, le club affiche une ambition claire — voir certains de ses joueurs évoluer un jour à l’international, et faire émerger de véritables talents capables de vivre du rugby comme d’une activité professionnelle à part entière.

Le Beach Rugby, vitrine régionale du club

Cette dynamique se prolongera dès le lendemain avec l’organisation du tournoi Beach Rugby, dont la deuxième édition marquera un tournant : après une première édition perturbée par le calendrier du championnat national, cette nouvelle mouture accueillera pour la première fois des équipes venues du Ghana et du Bénin.

Entièrement porté par le Lion Rugby Club, ce tournoi se veut à la fois une vitrine sportive régionale et un argument à l’attention d’éventuels partenaires, à qui le club entend démontrer le potentiel du rugby comme outil de communication et de promotion — un terrain sur lequel, reconnaissent les organisateurs, les partenaires potentiels restent encore aujourd’hui difficiles à convaincre.

Entre reprise sportive, ouverture interdisciplinaire et ambitions régionales, le Lion Rugby Club affiche, à travers cette soirée, la volonté assumée de faire du rugby togolais une discipline qui se réinvente — sur le terrain comme en dehors. Fin

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