
Une vingtaine de journalistes membres de l’Association Togolaise des Journalistes Engagés pour l’Environnement (ATJ2E) ont pris part, ce lundi 10 août à Lomé, à une session de renforcement de capacités sur le Mécanisme de recours indépendant (MRI/MRE) du Fonds vert pour le climat. La rencontre, organisée au siège de Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), s’inscrit dans le cadre de la Caravane africaine pour la justice climatique.
Un outil pour protéger les communautés
Le MRE permet aux personnes ou communautés affectées par des projets financés par le Fonds vert pour le climat de faire entendre leurs préoccupations et de rechercher des solutions lorsque leurs droits ou intérêts sont menacés. Pour Blandel Silenou, chef de projet IRM CSO Grants et président de JVE Cameroun, qui animait la session, l’enjeu est de veiller à ce que les projets climatiques ne produisent pas d’effets négatifs sur les populations qu’ils sont censés accompagner.
Selon lui, les journalistes ont un rôle essentiel à jouer dans la vulgarisation de ce mécanisme complexe, d’où l’organisation de cette première session, destinée à leur permettre de mieux traiter l’information relative aux financements climatiques. Il a toutefois précisé que cette rencontre ne constitue qu’une étape initiale, la complexité du sujet appelant, selon lui, des formations plus approfondies à venir.

Un besoin réel chez les journalistes togolais
Pour Hector Nammangue, président de l’ATJ2E, cette formation répond à une difficulté persistante chez les journalistes environnementalistes togolais face à la technicité des questions de financement climatique. Elle leur permet, selon lui, de mieux cerner leur responsabilité dans le suivi des projets et la promotion de la redevabilité, notamment en questionnant l’impact de ces projets sur les populations et le respect des droits des communautés bénéficiaires.
L’ATJ2E souhaite voir ce type de formation se pérenniser, et appelle à des collaborations plus étroites avec les organisations de la société civile pour renforcer le travail d’investigation environnementale au Togo. Cette initiative intervient alors que plusieurs documents stratégiques liés à l’action climatique togolaise, dont les Contributions déterminées au niveau national et le Plan national d’adaptation, sont en cours d’actualisation.
Outiller les relais de l’information
Marceline Ategwa Rambalotna, coordonnatrice de la Caravane africaine pour la justice climatique, a souligné l’importance d’outiller en priorité les journalistes, afin qu’ils puissent relayer l’information et accompagner les communautés locales dans la compréhension de ces mécanismes. Elle a rappelé que la Caravane se veut une plateforme citoyenne destinée à amplifier la voix des communautés dans les espaces de négociation climatique, insistant sur la nécessité que les projets financés au nom de la lutte climatique ne se transforment pas, à leur tour, en menace pour les populations qu’ils sont censés protéger.
À travers cette session, JVE ambitionne de renforcer les capacités des acteurs à documenter les réalités de terrain et à porter un plaidoyer plus efficace, aux niveaux local, national et international, faisant des journalistes togolais des acteurs clés de la transparence et de la redevabilité dans la mise en œuvre des projets climatiques. Fin
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