
Le Togo a dévoilé, ce vendredi 10 juillet à Lomé, les contours précis de sa sixième campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII), présentée conjointement par le ministère de la Santé et le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP). Un dispositif d’une ampleur inédite, calibré pour couvrir l’ensemble des ménages du pays.
Une couverture nationale en deux temps
L’opération se déploiera selon un calendrier resserré : les régions Maritime, Plateaux, Centrale et Savanes seront servies du 14 au 18 juillet, avant que la région de la Kara et le Grand Lomé ne prennent le relais du 26 au 30 juillet. Au total, 5 658 350 moustiquaires seront distribuées, au bénéfice d’une population cible avoisinant les 8,9 millions de personnes — un déploiement rendu possible par un recensement porte-à-porte mené de fin mai à début juin, à l’issue duquel des coupons de distribution ont été remis à chaque ménage.
Des moustiquaires de nouvelle génération, encore efficaces contre la résistance
Cette édition se distingue par la qualité du matériel mobilisé. Le coordonnateur du PNLP, Dr Atekpe Payakissim Somiabalo, a tenu à souligner cette évolution technique : « Nous nous sommes dotés des moustiquaires de dernière génération, dont le produit utilisé pour l’imprégnation n’a pas encore présenté de résistance vis-à-vis du moustique. » Une précision qui n’a rien d’anodin, la résistance croissante des vecteurs aux insecticides constituant l’un des défis majeurs de la lutte antipaludique à l’échelle du continent.
Femmes enceintes et jeunes enfants, cibles prioritaires
Fidèle à la doctrine de l’OMS en matière de prévention, la campagne accorde une priorité affirmée aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans, les plus exposés aux formes graves de la maladie. « Nous souhaitons que les parents puissent se rendre sur les sites de distribution pour récupérer les moustiquaires pour ces cibles-là », a insisté le Dr Somiabalo, ajoutant que l’enjeu dépasse la simple remise du matériel : il s’agit de s’assurer que les moustiquaires soient « correctement utilisées » et « bien placées », condition sine qua non pour véritablement « couper la chaîne de transmission entre le vecteur et l’homme ».
« Une moustiquaire qui reste emballée ne protège personne »
Cette préoccupation a trouvé un écho appuyé dans les propos du Secrétaire général du ministère de la Santé, qui a lancé un appel à la mobilisation générale. « Une moustiquaire qui reste emballée ne protège personne. Une moustiquaire correctement installée et utilisée chaque nuit sauve des vies », a-t-il martelé, invitant chefs de ménage, parents, jeunes, chefs traditionnels et leaders religieux à s’impliquer collectivement dans le succès de l’opération. Les ménages sont ainsi appelés à se présenter, munis de leurs coupons, aux points de distribution qui leur ont été communiqués lors du recensement.
Des progrès réels, mais un fardeau qui demeure lourd
Cette nouvelle campagne s’inscrit dans une trajectoire de progrès indéniables : entre 2015 et 2024, l’incidence du paludisme a reculé de plus de 40 % au Togo, et la mortalité liée à la maladie de près de 50 %. Ces avancées ne doivent cependant pas masquer la persistance d’un fardeau sanitaire considérable : en 2025, les cas confirmés représentaient encore 30 % des consultations externes et 69 % des diagnostics réalisés au niveau communautaire.
À l’échelle mondiale, l’OMS recense 282 millions de cas et 610 000 décès liés au paludisme chaque année, dont 95 % surviennent sur le continent africain — un rappel de l’ampleur du défi auquel cette campagne togolaise entend, à son échelle, apporter une réponse concrète. Fin
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