
Les Journées d’études du Laboratoire Langue, Littératures et Développement (LaLD) ont poursuivi leurs travaux dans une atmosphère d’intense effervescence académique, marquée par une table ronde de haut niveau et une conférence inaugurale qui ont donné à l’événement une portée scientifique et citoyenne remarquable.
Une table ronde pour comprendre et déconstruire les discours de haine
Placée sous le thème « Paroles qui divisent, voix qui rassemblent : combattre le discours de la haine pour bâtir la paix », la table ronde a été modérée par Dre Delalom Agbessi (MA), enseignante‑chercheure en Lettres modernes. Elle a réuni quatre intervenants aux expertises complémentaires, offrant une lecture pluridisciplinaire d’un phénomène qui fragilise les sociétés contemporaines.
Les panélistes — Dr Wiyao Pouwaka, enseignant‑chercheur à la Faculté de Droit et Sciences Politiques ; M. Paring Bislaou, juriste au ministère de la Sécurité ; Dr Adji Tchakabera Chakbera, Rédacteur en chef à la TVT et spécialiste en sociologie de l’information ; et le Révérend Père Augustin Kagnouda, coordonnateur Justice et Paix du diocèse de Kara — ont croisé leurs analyses pour éclairer les mécanismes de production, de diffusion et de réception des discours de haine.
Leurs échanges ont mis en évidence la montée des violences verbales dans les espaces publics et numériques, les risques de fragmentation sociale qu’elles engendrent et la nécessité d’une réponse collective impliquant institutions, médias, acteurs religieux et citoyens.
Les intervenants ont également proposé des pistes d’action concrètes : éducation aux médias, renforcement du cadre juridique, promotion de récits alternatifs valorisant la paix, et responsabilisation des leaders d’opinion.

Une conférence inaugurale d’une grande densité intellectuelle
La conférence inaugurale a été prononcée par le Professeur Atafei Pewissi, éminent spécialiste de littérature anglophone africaine à l’Université de Lomé. Sous la modération du Dr Gbandi Adouna (MC), enseignant‑chercheur en linguistique africaine à l’Université de Kara, le Professeur Pewissi a livré une intervention magistrale intitulée :

« De la symbolique du cafard à la déconstruction du discours de haine en contexte africain ».
À travers une analyse fine des représentations langagières, il a montré comment certaines métaphores animales — notamment celle du cafard — ont été historiquement mobilisées pour déshumaniser des groupes sociaux, justifier des violences ou légitimer des exclusions. Son propos, nourri d’exemples littéraires, historiques et sociopolitiques, a mis en lumière la puissance performative du langage dans la construction ou la destruction du lien social.
Le conférencier a plaidé pour une vigilance accrue face aux dérives discursives, rappelant que la paix se construit aussi par les mots que l’on choisit, les récits que l’on transmet et les imaginaires que l’on valorise.

Un engagement renouvelé du LaLD pour une recherche au service de la société
Ces échanges, d’une grande richesse scientifique, illustrent l’engagement du Laboratoire Langue, Littératures et Développement à interroger les enjeux contemporains liés au langage, aux discours et à la cohésion sociale. En réunissant chercheurs, praticiens, acteurs institutionnels et religieux, le LaLD confirme son rôle de plateforme de réflexion interdisciplinaire et de production de savoirs utiles à la société.
Les Journées d’études se positionnent ainsi comme un espace privilégié où la recherche académique dialogue avec les réalités sociales, contribuant à éclairer les défis de la paix, du vivre‑ensemble et du développement dans le contexte africain. Fin
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